31 janvier 2008
Friedrich Engels, co-fondateur du marxisme (1/7)
Encore une fois, je publie ici un exposé que je viens de présenter à la fac. Cette fois, un exposé pour le cours d'histoire des idées politiques : la pensée politique de Friedrich Engels. Là aussi, c'est trop long pour tenir en une seule note, donc ce sera un exposé en sept épisodes.Comme pour le précédent exposé, le texte complet sera disponible en pdf à la fin de la dernière partie.
Après les partiels, j'essaierai des faires des rapides présentations d'autres philosophes socialistes (Saint-Simon, Proudhon...) et libéraux (Constant, Tocqueville...) du XIXe.

Introduction
Friedrich Engels est un philosophe allemand né en 1820 et mort en 1895. Il est le fils d’un riche industriel du textile qui le pousse à arrêter ses études pour se former au métier des affaires. En 1841, le jeune Engels se rend à Berlin pour un an afin de faire son service militaire. Il se rapproche alors des « jeunes hégéliens ». Pendant cette première période, il publie déjà quelques articles où il dénonce les relations sociales dans l’industrie textile, s’oppose à l’absolutisme prussien. Il semble qu’il commence à adopter des idées communistes en 1842, peu de temps avant que son père ne l’envoie dans son usine de Manchester. Sur le chemin de Manchester, il rencontre Karl Marx pour la première fois, mais sans qu’une relation ne se crée entre les deux jeunes hommes. A Manchester, en même temps qu’il travaille pour la filature Ermen & Engels, il est le correspondant de La Gazette rhénane pour laquelle il rédige plusieurs articles, notamment sur la condition ouvrière. Dans la ligne de ces enquêtes, il publie en 1844 La situation de la classe laborieuse en Angleterre. C’est à Paris en 1844, que la grande amitié entre Engels et Marx voit le jour. De cette rencontre, Marx dira plus tard : « Nous constatâmes notre complet accord sur toutes les questions théoriques, et c’est de cette époque que date notre collaboration ».Quand Marx doit s’installer à Londres pour fuir Paris l’année suivante, c’est essentiellement grâce à la générosité d’Engels que la famille Marx survit. Engels continue à travailler dans l’usine de Manchester jusqu’en 1870. Il s’installe ensuite à Londres pour militer à plein temps avec son ami.
Leur collaboration dure près de quarante ans, jusqu’à la mort de Marx en 1883. Engels est un érudit, parle plusieurs langues et connaît le système capitaliste de l’intérieur ; il met ces qualités au service de leur réflexion commune. Ils ont une correspondance soutenue à travers laquelle ils se soumettent respectivement leurs idées, Engels n’hésitant pas à exercer son esprit critique sur les propositions que lui fait son ami. Ils écrivent de nombreux livres ensemble, comme le Manifeste du Parti communiste ouL’idéologie allemande. Engels publie aussi quelques textes sous le nom de Marx pour que celui-ci en touche les droits. Et leurs ouvrages individuels respectifs sont toujours influencés par cette relation. Enfin, après la mort de Marx, il se fait son éditeur. Il propose des rééditions de ces ouvrages, qu’il agrémente régulièrement de préfaces, il supervise les traductions, il met en ordre les notes de Marx pour publier les livres II et III du Capital, tout en continuant à publier ses propres livres.
A observer leur œuvre, il est difficile de démêler ce que leur théorie doit à Engels de ce qu’elle doit à Marx. Ensemble ils ont construit une théorie qui est plus influente que n’importe quelle autre sur les cultures socialistes, le marxisme. Au-delà de l’écrit, Engels s’est efforcé d’élargir au maximum leur audience. Les deux hommes dominent la Ière et la IIe Internationale et Engels correspond avec les socialistes les plus influents de tous les pays d’Europe, de Lafargue en France à Kautsky et Bernstein en Allemagne, aidé par sa maîtrise des langues. Il a ainsi formé la première génération des marxistes.
Son influence sur le marxisme est pourtant régulièrement remise en cause. Certains lui reprochent d’avoir déformé la pensée de Marx après sa mort pour en faire une doctrine, voire un dogme. Allant même parfois jusqu’à lui reprocher les dérives stalinienne, maoïste et autres expériences sanglantes menées au nom du marxisme. Pourtant, quelques mois avant sa mort, Engels écrivait encore : « Toute la façon de penser de Marx ne constitue pas une doctrine mais une méthode. Elle ne fournit pas de dogmes achevés, mais des repères pour une recherche ultérieure et la méthode pour cette recherche ».
A travers les écrits de celui qui a formé la plupart des marxistes de la fin du XIXe siècle et qui fut en « accord total dans tous les domaines théoriques » avec Marx, nous essaieront de définir les grandes lignes du marxisme. En mettant en avant les apports d’Engels et en soulignant, quand elles existent, les spécificités et les divergences entre sa pensée et celle de Marx. Dans cette optique, nous verrons d’abord la vision marxiste de la société avant de se pencher sur la manière dont Engels appréhende la révolution.
12:30 Publié dans Philosophes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Marx, Engels, communisme, marxisme


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