23 février 2008

Badinter dans Le Monde

Interview de Robert Badinter (ancien ministre de la Justice et ancien président du Conseil Constitutionnel) dans le Monde à propos de la censure partielle de la loi "rétention de sûreté" par le Conseil Constitutionnel.

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" [Le Conseil Consitutionnel] a accepté le principe de la détention pour dangerosité, hors toute commission d'infraction. Qui ne voit le brouillard dans lequel on va plonger la justice ? On crée l'emprisonnement pour raisons de dangerosité, concept éminemment flou. Une personne sera enfermée, non plus pour les faits qu'elle a commis, mais pour ceux qu'elle pourrait commettre. On perd de vue l'un des fondements d'une société de liberté. On est emprisonné parce que l'on est responsable de ses actes. Nous passons d'une justice de responsabilité à une justice de sûreté. C'est un tournant très grave de notre droit. Les fondements de notre justice sont atteints. Que devient la présomption d'innocence, quand on est le présumé coupable potentiel d'un crime virtuel ?

 Craignez-vous un nouveau durcissement de la loi ?

Le prochain fait divers saisissant nous le dira. Lorsqu'un crime grave aura été commis par une personne qui aura tué ou violé plusieurs années auparavant, mais n'aura été condamnée qu'à une peine de dix ans par exemple, au lieu des quinze ans prévus par la loi, on demandera l'abaissement de ce seuil [celui auquel on peut user de la rétention de sûreté] à ce niveau. Ainsi, par touches successives, on verra s'étendre le domaine de la rétention de sûreté. "

 

Youpi.

Mais comme dit Fontenelle, "Si-Adolf-Hitler-L'A-Fait-Pourquoi-Qu'On-Le-Ferait-Pas?"

 


Commentaires

Oui, et c'est bigrement plus important et inquiétant que l'échange verbal, si incongru soit-il, d'un malappris et d'un malotru au Salon de l'Agriculture, dont on nous rebat les oreilles ce week-end.

Ecrit par : melchior griset-labûche | 24 février 2008

'Gzactement !

Hé ! Quand est-ce que tu t'y remets à ton blog ?

Ecrit par : Colin | 24 février 2008

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