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07.03.2008

Benoît Hamon

Une interview intéressante de Benoît Hamon. J'en retiens quelques petites choses :

1683373128.jpg Il rejette l'analyse simpliste habituelle de la défaite de 2007 et "ne pense pas que la défaite soit due à un complot des éléphants, même s’ils traînaient un peu des pieds, ou par les lacunes de la candidate". Pour lui,"le candidat de droite a fondé sa victoire sur la question sociale. La gauche perd sur la question sociale dans un contexte de forte demande sociale. Insensé !" C'est la "Travailler plus pour gagner plus" qui a fait la victoire de Sarkozy, avec un gauche incapable de l'emporter sur ce qui devrait être sa première préoccupation, la question sociale. Il parle ainsi de la "conversion de la gauche à la doctrine sociale de la droite" (donnant-donnant, dénonciation de l'assistanat...). D'où vient cette conversion ? De "la crise du modèle social", qui découle elle-même du "le choix de la construction européenne [qui] encourage à la baisse des recettes fiscales" et "à la réduction du déficit". Cette conversion, Benoît Hamon la rejette. Pour lutter contre, il veut combattre "tous les diagnostics fainéants à partir desquels on justifie ce consensus sur les questions économique et sociale".
Viens ensuite une dénonciation classiquement socialiste des premiers mois de Sarkozy qui visent à "casser le système social français" pour augmenter "la rentabilité du capital d’investissement", "la droite s’est elle-même droitisée". Comment lutter ? Il cherche à "refaire de la confrontation et redonner forme aux clivages" insistant sur un nécessaire "travail pédagogique" sur "l’ampleur des instruments de redistribution et notamment la vocation qu’on donne à l’impôt"

Rien de vraiment nouveau de cette analyse, mais ça fait au moins un socialiste de gauche. S'il n'y a qu'une chose à retenir de cette interview, c'est le dernier point que je soulève, l'importance de l'impôt.

Commentaires

Il y a des choses intéressantes; mais si le "gagnant-gagnant" et la réticence devant l'assistanat signent une "conversion (...) à la doctrine sociale de la droite", alors que doit proposer la gauche ? Du gagnant-perdant ? Le développement de l'assistanat ? J'ai bien peur que la cohérence "de gauche" d'un tel discours ne cache un flottement réel dans la direction proposée. Sans vouloir faire un procès d'intention à Benoît Hamon, rien ne me fait plus peur, pour la gauche française, qu'un retour au molletisme: discours gauche le temps de gagner les élections puis accommodements archidroitiers dans la pratique gouvernementale.

Ecrit par : melchior griset-labûche | 07.03.2008

Évidemment qu'on ne peut pas être pour le "gagnant-perdant" ou pour le développement de l'assistanat. La question est de savoir si on stigmatise les "assistés" comme des parasites sociaux ou non... Disons plutôt que ce sont des expressions qui sonnent bien, démago à souhait et qui ne recouvrent pas forcément une réalité ou une profondeur idéologique transcendantale, des concepts qui ne sont pas ceux dont a besoin la gauche.
Ensuite, je n'ai cité que des petits bouts. Forcément la cohérence en prend un coup ;-)

Après il est un peu tôt pour juger si Hamon est un nouveau Mollet.

Ecrit par : Colin | 07.03.2008

J'ai dit, je répète, que je ne veux pas faire de procès d'intention. (Au passage, Guy Mollet n'avait pas 40 ans, quand il a pris la tête de la SFIO sur une ligne très très "à gauche": collectivisation, dictature du prolétariat, avenir radieux, tara tara tsoin tsoin).

Non, ce que je crains, d'une façon générale et sans m'en prendre à telle ou telle personnalité de "la gauche" du PS, c'est la vieille pratique de la vieille social-démocratie: programme maximum défendu dans les congrès et les banquets (grosse caisse et cymbales), et programme minimum au gouvernement, justifié par les circonstances, qui ont toujours bon dos (petit air de flûte, voire de pipeau).

Grosse caisse ? Pipeau ? A toi de voir si le saxophone peut nous jouer des airs nouveaux...

Ecrit par : melchior griset-labûche | 08.03.2008

C'est vrai que la première chose pour rendre les socialistes crédibles serait d'abandonner le fossé qu'ils ont établis entre la parole et les actes... mais pour en juger, je crois qu'il faudra attendre que passent au pouvoir les "jeunes" du parti.

Mais avec le saxophone on peut TOUT faire !

Ecrit par : Colin | 08.03.2008

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