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25 mars 2008

Qu'est ce que l'égalité ?

LiberteEgaliteFraternite.jpgEgalité. Voilà un mot qu'on connaît bien. Il est de notre devise, "Liberté, Egalité, Fraternite", de notre fièrement nationale Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (DDHC pour les intimes) où les hommes "naissent et demeurent libres et égaux en droit". Il est l'un des mots les plus importants du vocabulaire de la gauche.
Mais, c'est quoi l'égalité ?

Laissons de côté l'égalité "identité" dont révèrent certains utopistes du XIXe siècle qui pensait que l'avenir de l'homme serait quand même meilleur si on devenait tous les mêmes. Oublions aussi pour le moment l'égalité d'une "société sans antagonisme de classe" que le père Lénine imaginait après la dictature du prolétarait, une égalité "selon les besoins" possible par l'avènement d'un homme nouveau par sa vertu ou que Babeuf imaginait on ne sait trop comment.

Parlons plutôt de l'égalité "selon les capacités" dont parlait le même Lénine et bien d'autres avant lui (Marx, Proudhon, Saint-Simon... j'en passe). Dans l'idée, elle rejoint ce qu'on appelle souvent égalité "des chances" ou "méritocratique". Dans cette acception, l'égalité doit être celle des athlètes. Partons tous derrière une même ligne et nous arriverons dans l'ordre de nos mérites. Elle pose deux problèmes : comment partir avec les mêmes chances, et comment juger les mérites de chacun ?
Pour répondre réellement au premier problème (et pas à la Broloo...), il faut travailler l'éducation afin qu'elle ne soit pas dépendante des conditions sociales de chacun et il faut... supprimer l'héritage (ou au moins le limiter fortement). Entre autres idées.
Mais c'est surtout le deuxième problème qui est le plus gênant. C'est celui qu'on rencontre dès qu'on parle de mérite. Quels sont les critères qui permettent de mesurer le mérite ? Est plus méritant celui qui, malgré un travail intense, est mauvais à l'école ou celui qui, sans rien glander, obtient de bon résultat ? Doit-on juger, en termes de résultats, de temps de travail, de difficulté de travail, de dangerosité, de responsabilité . Et surtout, qui doit juger ? L'Etat, le marché... ?

Sur cette deuxième question, je n'ai pas de réponse, notamment sur les critères qui permettraient de juger le mérite de chacun. Mais je pense qu'il faudrait peut-être déconnecter, au moins en partie, l'idée d'égalité de la notion de mérite. Partons du principe que nous sommes tous des être humains, et qu'à ce titre nous avons droit à un minimum vital qui donne à chacun les moyens de s'émanciper.

Il y a peut-être un troisième problème : comment récompenser le mérite ? Une reconnaissance sociale, de l'argent.... Là encore je n'ai pas de réponse, si ce n'est que je ne considère ni l'une ni l'autre de ces deux récompenses comme la finalité d'une existence humaine.


Edit : à me relire, ce billet est fouilli et fourre-tout.... tant pis ! Promis, un jour je parlerai concrètement...

Commentaires

Tu es sûr que ce n'est pas de la propriété que tu veux parler plutôt ?
Il se trouve que je suis en train de feuilleter, par le plus grand des hasards, l'Histoire médiévale de la Péninsule ibérique, d'Adeline Rucquoi; je te recommande les p:62-68 sur l'inégalité juridique dans la société hispano-romaine wisigothique... Comme quoi la toute simple égalité des droits est déjà quelque chose d'énorme (et qui va très loin quand les droits reconnus sont étendus).
André Gorz (avec d'autres) a préconisé le "revenu d'existence", l'idée me paraît bonne (mais l'application délicate).

Ecrit par : melchior griset-labûche | 26 mars 2008

En fait je me suis rendu compte en écrivant ces quelques lignes que développer plus loin la réflexion sur le sujet de l'égalité implique énormément de chose. Et pour le moment, je n'avais ni le temps, ni le courage de pousser plus loin.

En gros je retiens pour l'instant trois choses : l'égalité ne doit pas chercher à être absolue, la question de l'héritage (et donc de la propriété) est centrale... et un "revenu minimum" d'existence me semble une bonne idée. Dès que j'ai un peu de temps, j'irai lire du Gorz !

Ecrit par : Colin | 26 mars 2008

Tu vois qu'on y pense ici !
http://www.monorleans.com/article-18150742.html

Ecrit par : melchior griset-labûche | 27 mars 2008

Je suis (enfin) de passage par ici, et je retrouve dans ce billet des bribes de nos conversations...
(N'étant malheureusement pas doué pour réfléchir à l'écrit je demande : à quand les prochaines ?)

Ecrit par : AM | 28 mars 2008

La prochaine note viendra de notre prochaine discussion, comme toujours ;-)

Ecrit par : Colin | 28 mars 2008

Je crois surtout qu'il faut déconnecter bonheur individuel et société idéale d'une part et combat politique d'autre part. Ce dernier a pour objectif non le bonheur mais le droit à la recherche du bonheur, non l'établissement de la société idéale mais mais la possibilité de s'en rapprocher. Jaurès a dit une forte phrase (que je ne retrouve pas) sur l'idéal comme cap et le réel comme terrain.

Ecrit par : melchior griset-labûche | 29 mars 2008

Sujet interessant, j'ai essayé de m'y attaquer moi-même en parlant de l'école et je me suis rendu compte, comme toi, que mon sujet était bien plus vaste que ça.
J'attends avec impatience ta nouvelle mouture.

Ecrit par : Didier B | 01 avril 2008

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