11 mai 2008

Pourquoi j'ai adhéré au PS

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Cette fois, je parle de moi. Et de mon très récent engagement au sein du Parti Socialiste. Cela surprendra certains qui me connaissent. Car oui, je suis un putain de gauchiste. J'ai voté Besancenot l'an dernier, en hésitant avec Bové. J'ai bloqué ma fac deux fois en trois ans. Je suis abonné à Politis et au Monde Diplomatique. Et je n'ai jamais hésité à taper sur le PS, que ce soit vis-à-vis des nombreuses ambigüités de la campagne de Ségo ou sur la position de faux-cul du PS lors de la modif de la constitution de février dernier, préalable au traité de Lisbonne.

Alors quoi ? Ca y est à 21 ans j’ai appris à retourner ma veste ? Pas vraiment. D’où m’est venue la décision d’adhérer au Parti Socialiste ? Au départ, il y a une envie de réflexion politique, qui me pousse rapidement à vouloir m’engager plus en avant. Mon premier engagement (hors les combats sectoriels universitaires) est celui de la campagne municipale. La démarche comme le projet de la liste d’union de la gauche sur Hérouville, menée par le socialiste Emmanuel Renard, m’avaient séduits. Sur le terrain comme sur ce blog j’ai apporté ma modeste contribution. Premier contact concret et personnel avec le Parti Socialiste. Première défaite aussi. Car la droite conserve la mairie. Déception, à la fois par la réélection de Rodolphe Thomas et par la défaite d’un projet municipal qui me semblait tout simplement bon.  Cette défaite me donne envie de participer à construire une alternative localement. Ce qui rejoint mon envie plus générale d’un engagement durable.

Deux pistes me semblent possibles : le PS ou plus à gauche. Plus à gauche ? Le PCF… hmmm ! LO… pareil. Reste la LCR, ou plutôt le futur-nouveau parti anticapitaliste. Autant dire tout de suite que je ne suis pas convaincu du tout par la démarche d’Olivier Besancenot et de la direction de la LCR. Construire un grand parti de gauche alternatif au PS, ok. Surtout si ce dernier continue à dériver vers le Modem. En s’adressant directement à la base, pourquoi pas. Mais sans parler en même temps au PCF et à LO, sans chercher à travailler avec les forces éparses des « collectifs antilibéraux »… ? Tout ça me semble de mauvais augure. S’il ne s’agit que d’agrandir la LCR, très peu pour moi. D’autant plus que je crains que tout cela ne finisse tout simplement en un « parti d’Olivier » (personnalisation qui se confirme avec son passage chez Drucker aujourd’hui même…). Bref, je ne crois pas qu’on ait là une initiative crédible pour construire une alternative à l’UMP.

Du coup, il n’y a aujourd’hui qu’un parti qui puisse espérer faire bouger les choses, le Parti Socialiste. Je ne suis bien sûr pas enthousiaste devant ce qu’est le PS. Je regrette comme beaucoup la lutte d’égo qu’il offre en spectacle à des journalistes qui n’attendent que ça. J’ai d’ailleurs déjà expliqué quel était mon souhait pour le PS, celui d’un Parti qui soit avant tout un lieu de réflexion en même temps qu’un outil massif de popularisation (bon ok, de propagande…). Je me fais sûrement quelques illusions sur ce que peut encore devenir ce parti. Certes. Mais c’était ça ou rien. Et finalement deux choses ont présidé à ma décision : d’abord cette campagne municipale qui m’a convaincue que je devais m’engager localement et que le meilleur cadre à Hérouville y était le PS ; ensuite, la perspective du Congrès de novembre qui devra être un moment fondamental pour relancer enfin une dynamique à gauche.

J’ai donc payé mes 20 euros de primo-adhérent. C’est fait. Pourtant je ne me sens pas complètement lié. Je participe bien sûr activement à la vie de ma section dont je dois un de ces jours refaire le site web (et oui, il y a du boulot...). Mais si le Congrès me déçoit, je me sentirais tout à fait libre de ne pas renouveler mon adhésion. Si je me suis trompé sur le pari de Besancenot, je reverrais aussi peut-être ma position. Et si les candidats ou programmes socialistes aux prochaines échéances (je pense notamment aux européennes ou il pourrait bien y avoir quelques divergences…)me déçoivent, rien ne m’engage à voter pour le PS, sans nécessairement rendre ma carte... En attendant, contrairement à certains qui me reprocheront d’être allé dans un parti « de droite » (…), je ne resterai pas les bras croisés.

Commentaires

et si le passage de Besancenot chez Drucker n'était rien d'autre qu'un moyen efficace d'arriver à se faire voir par monsieur tout le monde, et de divulger gratis ses idées , surtout quand on voit le musellement auquel est contraint le gauche en ce moment...

C'est marketing très certainement, mais pas je pense pas qu'il ai vendu son âme pour autant.

Ecrit par : nils (le seule, l'unique, le socialiste, l'écologique, le moustique) | 12 mai 2008

On verra bien. Ce qui me gêne c'est qu'on ait un parti en construction, qui se veut entre autres anti-autoritaire et opposé au présidentialisme et qui ne met en avant qu'un homme.
Je garde quand même un avis plutôt positif sur Besancenot et je regrette pas mon vote d'avril 2007 ;-)

Ecrit par : Colin | 12 mai 2008

Le problème ne viens peut-être pas de Besancenot. A mon avis le problème c'est q'un parti sans leader aujourd'hui n'a que très peu de chance. Je ne pense pas que le français moyen qui ne s'investit pas en politique par manque de temps ou d'interet s'y retrouve sans mettre une tête sur un parti. Je crois que le défaut de beaucoup de gens qui ont des idées claires en politique est souvent d'oublier que d'autre, peut-être même plus nombreux, ne savent pas autant de choses. Je pense que beaucoup d'électeurs sont un perdu. On ne peut pas demander à chacun de connaitre chaque parti. Le fait d'avoir quelque leader peut simplifier la donne. On retient plus facilement les idées du "facteur" que de la "lcr".
Pas contre il est étonnant qu'un parti qui n'existe pas encore est un leader avant d'avoir des idées, des militants... La logique voudrait que le parti se construise avant de décider qui le représentera devant les français.

Ecrit par : Alice (Marie) | 15 mai 2008

Chapeau pour le site, j'imagine le boulot.
Pour le PS, je suis assez récent. Il faudra du temps et surtout de la ténacité (sans oublier ses idéaux, c'est le plus difficile). Mais l'air de rien, je suis plutot optimiste, il y a beaucoup de gens bien, il y a de l'énergie, on est juste à un moment de l'histoire où cela se transforme, ça change; c'est toujours douloureux et confus.
On a besoin d'investissements tel que le tien pour conserver un équilibre des forces, seul garant de pouvoir un jour gérer et changer les choses.
Il faut juste que les sensibilités apprennent à travailler ensemble. travailler ensemble c'est sans doute le point faible à mes yeux
Bonne chance

Ecrit par : erasme de metz | 29 mai 2008

Alice : j'suis d'accord que dans la Ve pour gagner (et dans l'optique de l'extrême gauche, changer de constitution) il faut la présidence et donc un leader clair, fort, identifié.
Le problème c'est que pour être clair, Besancenot ne doit pas être entouré par une myriade d'organisations et donc de potentiels leaders. Il doit donc réussir plus ou moins l'unité de "son camp". Et c'est pas comme ça qu'il y parviendra, parce que ses éventuels partenaires ne suivront pas une orientation trop personnalisante.

Erasme : merci pour cet encouragement enthousiaste !

Ecrit par : Colin | 29 mai 2008

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