26 septembre 2008
Expulsions
Voilà ce que tu vas aller lire de toute urgence :
José Vieira est auteur de documentaires. La semaine dernière, il a proposé à Rue89 de raconter l’expulsion de Roms à laquelle il a assisté en gare de Massy-Palaiseau (dans l’Essonne, banlieue sud de Paris), le 17 septembre. Voici son récit et ses photos.
23:18 Publié dans Sur le web | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, roms, expulsion, immigration, hortefeux
Sarkozy nous sauvera (si si si) !
Sarkozy a parlé ! C'était hier à Toulon. Il a dit ce qu'il pensait de la crise financière. Retour sur des paroles mémorables. (Voir aussi le joli commentaire de Benoit Hamon).
C'est assez édifiant en bien des points. Avant de s'attaquer au problème de la crise en elle-même, il nous a livré quelques réflexions intéressantes... "La peur est une souffrance. La peur empêche d'entreprendre, de s'engager. Quand on a peur, on n'a pas de rêve, on ne se projette pas dans l'avenir. La peur est la principale menace qui pèse aujourd'hui sur l'économie". La peur ? Celle du sans papier ? La suspicion généralisée qui est le fondement d'une politique sécuritaire à base d'Edvige, de Cristina et de caméras de surveillance ? Non point. Juste, "une crise de confiance sans précédent [qui] ébranle l'économie mondiale".
La première tâche dans cette crise est donc de lutter contre la peur en disant la vérité. Quelle vérité ? Celle d'un capitalisme débridé qui a permis à une minorité de s'en mettre plein les fouilles pendant de longues années ? Et qui, maintenant en crise, partagera bien gentiment le désastre ? "Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d'achat [...].La génération qui avait vaincu le communisme avait rêvé d'un monde, où la Démocratie et le marché résoudraient tous les problèmes de l'humanité. Elle avait rêvé d'une mondialisation heureuse qui vaincrait la pauvreté et la guerre. [Mignon et naïf toute à la fois, n'est-ce pas ?] Ce rêve a commencé à devenir réalité : les frontières se sont ouvertes, des millions d'hommes ont été arrachés à la misère, mais le rêve s'est brisé sur le retour des fondamentalismes religieux [aïe], des nationalismes [ouille], des revendications identitaires [fichtre], sur le terrorisme [bigre], les dumpings, les délocalisations, les dérives de la finance globale, les risques écologiques, l'épuisement annoncé des ressources naturelles, les émeutes de la faim [dont la spéculation sur les matières premières ne porte aucune part de responsabilité...]." Ah ben oui, la crise financière, c'est la faute aux barbus. Qui n'y avions nous point pensé ? On mélange les tares du système capitaliste, celui qui est en crise (dumping, délocalisation, dérives de la finance globale) avec pleins d'autres trucs, comme ça c'est plus discret...
Bon quand même, il finit par nous parler vraiment de la crise. Il reconnait que c'est celle d'un système. "Ce système où celui qui est responsable d'un désastre peut partir avec un parachute doré, où un trader peut faire perdre cinq milliards d'Euro à sa banque sans que personne s'en aperçoive, où l'on exige des entreprises des rendements trois ou quatre fois plus élevés que la croissance de l'économie réelle, ce système a creusé les inégalités, il a démoralisé les classes moyennes et alimenté la spéculation sur les marchés de l'immobilier, des matières premières et des produits agricoles." Oh ! Notre cher président deviendrait-il anticapitaliste ? Ben non, car "ce système, il faut le dire parce que c'est la vérité, ce n'est pas l'économie de marché, ce n'est pas le capitalisme". Ouf, encore un peu il se laissait pousser la barbichette façon Illitch Oulianov, camarade.
"Le capitalisme ce n'est pas la primauté donnée au spéculateur. C'est la primauté donnée à l'entrepreneur, la récompense du travail, de l'effort, de l'initiative. Le capitalisme ce n'est pas la dilution de la propriété, l'irresponsabilité généralisée. Le capitalisme c'est la propriété privée, la responsabilité individuelle, l'engagement personnel, c'est une éthique, une morale, des institutions. Le capitalisme c'est ce qui a permis l'essor extraordinaire de la civilisation occidentale depuis sept siècles." Bref, revenons-en au capitalisme de papa. Enfin, celui d'arrière-grand-papa. A l'époque du patron paternaliste, d'Henri Ford qui payait un peu plus ses ouvriers pour qu'ils puissent lui acheter une voiture. Au capitalisme qui, régulièrement, faisait donner la troupe sur les grévistes. Le XIXe siècle. Cela dit, ça nous permettrait de retenter la révolution bolchévique, au point où on est, ça serait marrant. Comme ça on pourrait atteindre la phase centrale du raisonnement sarkozyen. Punir ! Brûler du bourgeois !
"Vous voulez que je vous débarasse de ces racailles ?" hurlait le ministre de l'intérieur en campagne. Il recycle avec les "responsables" de la crise. Toujours aussi démago. Encore plus. Sauf que. Sauf que le problème est bien un problème systémique. Ca ne servira donc à rien de punir les responsables. Et puis quels responsables ? Les millions de boursicoteurs qui ont spéculés sur un marché fou d'innovation de haut niveau genre subprimes ? Les patrons et leurs parachutes dorés ? Comment pourrait-il punir ? Tous ont agi dans un cadre légal de dérégulation et de déreglementation. Ils n'ont fait que profiter d'un système mis en place par des politiques. Ces décisions politiques ont une énorme reponsabilité dans la situation actuelle... Ce sont Reagan et Thatcher qu'il faut punir ? M'étonnerait que ce soit ça que Sarkozy ait en tête... Enfin, de toute façon, tous sont juridiquement intouchables : c'est un système qui est en cause, pas des individus ! Bref, du vent, du bla-bla, qu'il nous pourra en aucun cas traduire dans les faits...
Finalement, on en revient toujours au même point dans la "réflexion" sarakozyste, dans sa rhétorique. Peur, responsabilité, culpabilité, punition, répression. Il confirme une fois encore quel est le noyau de sa pensée politique. Idéologie sécuritaire.
Forcément, il nous ressort les discours récurrent sur le manque de transparence, les rémunérations des dirigeants trop élevées, patati patata. La même chose à chaque crise financière... oubliée dès qu'on trouve une nouvelle niche pour spéculer. Du vent, encore. Il leur faurait un bon SLAM dans la gueule...
Tout ça pour en arriver à la conclusion qu'il doit accéler ces réformes. Il est fantastique ! Chaque obstacle est un signe qu'il faut accéler.La claque des municipales ? Un signe que les français trouvent que ça ne va pas assez vite... La crise financière ? Il faut aller plus vite encore. On a déjà droit à une nouvelle réforme chaque jour. Ca va plus être possible... Et puis critiquer l'autorégulation en continuant à libéraliser à tout va, ça manque un poil de cohérence non ? Privatisation de la Poste, libéralisation de la santé, diminution (et donc libéralisation) des retraites, suppression de fonctionnaires... Qui peut croire que c'est là que se trouve la sortie de crise ? Tout est bon...
Le seul point intéressant est finalement l'idée d'un nouveau Bretton Woods. Mais pour en faire quoi ? Je crains le pire...
Alors bon, qu'il vienne pas nous la jouer au gauchiste. Pour conclure je ne résiste pas à l'envie de vous livrer un commentaire halluciné d'un lecteur extra-terrestre du Monde... "Incroyable, invraisemblable, aux limites du ridicule!..... On croirait D. Strauss-Kahn au micro, F. Hollande ou B. Delanoë!!! N. Sarkozy va bientôt, après avoir pris des socialistes dans son gouvernement, faire une politique de gauche au nez et à la barbe de sa majorité médusée... Qui avait dit que l'Etat c'était le mal? R. Reagan et les néoconservateurs en faillite aux Etats-Unis! Vive l'Etat! Vive N. Sarkozy!!!!"
12:04 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, discours, crise, finance, sarkozy
25 septembre 2008
Les motions
Vous n'avez rien à faire ? Vous rêvez de lire la prose des grands manitous socialistes ?
Alors voici pour vous lecteurs, et rien que pour vous.... les six motions en lice pour le Congrès de Reims !
A votre gauche, Un Monde d'Avance, la motion soutenue par Benoit Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Pierre Larrouturou.
Derrière, toujours à gauche, mais plus petit, Socialistes, Altermondialiste, Ecologistes, la motion des socialistes utopistes. Y en a encore !
Au centre, qui s'étale de Lolo à Camba, Changer a Gauche pour Changer la France, la motion de Martine.
Qui s'étale aussi, mais plus discretement, Pour un parti résolument écologique, la motion du Pôle écologique.
Et enfin, les deux qui se marchent dessus, Pour une révolution démocratique, où le terne Collomb camoufle Ségolène et Clarté, courage, créativité, avec Bertrand en guest star et Mosco au coin !
A vos lunettes !
16:47 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : motions, congres, reims, parti, socialiste, ps, delanoe
23 septembre 2008
Union de la Gauche
Rapidement, avant de me replonger dans la revue Communisme.
Quelques gouttes d'optimismes viennent un peu tempérer mon dernier article politique. J'y écrivais "L'aile gauche pourrait faire cause commune pour relever le débat. Malgré ça, c'est mal barré pour avoir Hamon et Mélenchon sur une même motion" et je craignais pour celle de Larrouturou. En gros, mon coeur balançait entre ces trois options : Mélenchon/Dolez, Hamon/Lienemann et Larrouturou. On vient d'apprendre que tout ceux-là feraient cause commune pour le Congrès en présentant une motion commune. Je sais donc désormais quelle sera ma position au moment de voter le 6 novembre prochain. Ca n'emballe pas Marc, moi ça me fait plaisir. Reste à savoir s'ils iront bien jusqu'à présenter un candidat au poste de premier secrétaire, Hamon affirme qu'il le sera, et il me semble effectivement être le mieux placé pour ça, ou s'ils finiront par se ranger derrière Aubry. Sur le principe je préfererais la première option, je n'ai jamais caché mon penchant pour le jeune homme, mais il semble difficile de savoir quelle sera la meilleure option avant d'évaluer les rapports de force entre motion. Parce qu'à tout prendre, je crois bien que je préfère Aubry à Delanoe ou Royal...
16:42 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : hamon, mélenchon, larrouturou, nouvelle gauche, ps, congres, royal
Les aventures de Colin en Macédoine
A la demande générale de l'Oncle Hub', je reviens sur mon dernier périple en Macédoine. J'en ai déjà parlé brièvement, j'y reviens plus en détail.
D'abord, me demanderont les lecteurs peu assidus, kessekecé la Macédoine ? C'est un pays, un vrai, grand comme une grosse région française, peuplé d'environ 2 millions d'habitants. Coincé entre l'Albanie, la Serbie, maintenant le Kosovo, la Bulgarie et la Grèce. C'est aussi un des trois pays officiellement candidats à l'adhésion à l'UE (avec la Croatie et la Turquie). Pour un historique rapide, mais néanmoins complet, je vous renvoie à un texte que j'avais écrit il y a un peu plus d'un an : Une (très) brève histoire de la Macédoine.
Ensuite, qu'est ce que j'allais faire là-bas ? Je m'y étais déjà rendu au printemps 2007, dans le cadre du projet "C'est comment là-bas", pour y faire, en gros, un reportage qui servit ensuite à animer des débats dans ma belle région bas-normande. Sur place, nous avons rencontré de nombreux acteurs locaux, dont Lazar Kotevski, maire de Novaci. Il est à la recherche de projets qui lui permettraient de développer certains des villages qui sont sous sa juridiction, dans la région de Mariovo. Des villages très isolés, dépeuplés, mais pas dénués d'atouts naturels, touristiques et historiques. C'est-à-dire que 1/ c'est beau et 2/ tous pleins de soldats européens (allemands, français, serbes, anglais, bulgares, autrichiens) s'y sont entretués entre 1914 et 1918. Nous, on rêve de participer à des projets 'achement cools. Donc on en parle à Arnaud, un des porteurs du projet "C'est comment là-bas". Du coup, quelques mois plus tard, il nous recontacte. Sans rentrer dans les détails procéduriers, un nouveau projet est sur les rails avec la région Basse-Normandie qui participe à une coopération décentralisée avec la Macédoine.
Il s'agit cette fois de participer au développement local de Mariovo, cette région de Macédoine rattachée, en partie, à Novaci (vous suivez encore ?). L'idée est de réhabiliter une partie du patrimoine bâti pour promouvoir un tourisme durable, responsable aussi bien socialement qu'écologiquement (l'opposé de la côte croate en gros). En espérant que ça participe à une dynamique de revitalisation. Bref, c'est de la bombe. Il faut faire les choses bien. Alors la première étape est d'abord de faire un inventaire du patrimoine bâti.
C'était l'objet du voyage cet été. Arnaud, directeur de Savoir-Faire et Découverte, ainsi que la Région, sont également très sensibles aux problématiques de la formation, c'est pourquoi ce voyage intègre aussi une dimension éducative et ne se borne pas à l'envoi de spécialistes. L'équipe regroupe donc des gens avec des profils différents. Yannick est le pro, c'est le responsable de l'inventaire à la Région. Avec lui, nous avons bénéficié des savoirs de Goce, professeur à l'Ecole d'Architecture de Skopje. Enfin, le président de Savoir Faire et Découverte, Jean-Paul, était également de la partie. Côté djeun's, nous étions quatre français et six macédoniennes. Deux apprentis historiens, une beaux-artiste et une élève architecte, également fervente commentatrice de ce blog (qui se cache derrière deux lettres mystérieuses... AM !). Les macédoniennes étaient toutes élèves de l'Ecole d'Architecture de Skopje.
Après une mini-formation par Yannick, on s'est donc attelé à l'inventaire. C'était une version édulcorée, sinon on en aurait eu pour de longs mois et nous n'étions là que cinq jours. Mais nous avons quand même pu faire le tour quasiment complet du village, Staravina. En relevant les formes des maisons, les matériaux de construction et l'état de délabrement de chaque bâtiment. Nous avions une autre mission. Echanger avec les habitants. Les échanges infromels étaient nombreux tellement les habitants de Staravina étaient chaleureux, accueillant... Il fallait aussi construire des échanges dans un cadre strict : c'est pourquoi nous avons organisé une réunion publique. Il ne s'agirait en aucun cas de développer un projet sur ce village sans y associer pleinement la population. Nous ne pourrons de toute façon que lancer une dynamique, c'est à eux de s'emparer de l'avenir du lieu. Tous les retours sont positifs, ce qui est sacrément encourageant, sans toutefois ôter quelques doutes. Car, si elle est menée à son terme, notre action, notre idée, aura des conséquences directes sur leur cadre de vie. L'ont-ils vraiment perçu ? Espérons que l'avenir nous rassurera.
Bref, ce fut cinq jours passés à arpenter un village charmant, à rencontrer des gens chaleureux, à apprendre à regarder autrement le bâti, à interroger le tourisme et le développement économique local. Le tout dans une paysage splendide. Pour AM et moi-même, il y avait un autre élément à ce voyage. En étudiants fauchés que nous sommes, nous n'étions pas en mesure de débourser 200 € chacun pour rallonger les subventions et venir en avion. Alors nous sommes venus en bus. Il y aurait de quoi faire un roman sur ces 80 heures de bus. Et ce sera le sujet d'un prochain billet. Sachez seulement pour l'instant que ce fut à la fois génial et éprouvant...
Pour terminer, il nous restait à animer une réunion publique à Caen. Nous l'avons faite la semaine dernière, au cinéma Lux. Il s'agissait de présenter notre voyage, ses problématiques et les perspectives pour l'avenir. Pour cette soirée, Charlotte avait préparé un montage de vidéos et photos que nous avions réalisées sur place. Les voici.
Pour les mois à venir, réflexion et montage de projet sont en cours. Plusieurs options sont possibles : chantier, regroupement de jeunes de divers pays de la région... Reste l'inévitable question des financements. Aujourd'hui, on n'en sait pas plus...
Pour ce blog, je prépare donc le récit du trajet en bus et une nouvelle galerie de photo sur ce deuxième voyage en Macédoine.
A suivre donc...
14:08 Publié dans Carnet de voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : voyage, macédoine, inventaire, patrimoine, europe, novaci, staravina
22 septembre 2008
La gauche (où qu'on en est ?)
Où je me reprends à parler politique.

La gauche c'est cool. C'est pour ça que je fais de la politique, que je suis un gauchiste et que tous mes potes (si j'oublie les autres...) sont de gauche. Mais la gauche c'est aussi le bordel.
Je suis au Parti Socialiste. J'ai déjà expliqué pourquoi. Pourtant aujourd'hui, j'aime pas le PS. Qui aime le PS aujourd'hui ? On a un Congrès en novembre où ne semblent compter que les ambitions personnelles. Débats, projets... ce ne sont que de vains mots. Delanoë et Royal sont d'accord sur l'essentiel, mais font mine de rien avoir remarqué. L'aile gauche pourrait faire cause commune pour relever le débat. Malgré ça, c'est mal barré pour avoir Hamon et Mélenchon sur une même motiion...
Sur sauce, Martin nous explique tout ça très bien : "Bertrand veut être chef à la place du chef, mais avec le soutien de l'ancien chef, François, qui voudra rapidement le redevenir. Au vu de cette alliance, Ségolène, qui voulait être chef, n'en fait plus un "préalable" pour éviter d'avoir à se compter sur son seul nom. Elle cherche à rejoindre Gérard lequel devait soutenir Pierre qui veut être chef sans en faire lui non plus un "préalable". Mais si Pierre est soutenu par Ségolène, il ne peut plus l'être par Martine, qui d'ailleurs veut être chef sans l'avoir dit explicitement. D'autant que Ségolène pourrait très bien réviser à la hausse son ambition en fonction des résultats de sa motion avec Gérard, vu qu'elle n'est pas du genre à s'embarrasser de palabres quand elle peut saisir une occasion. Martine, de son côté, veut à tout prix conserver le soutien de Laurent, réputé avoir des troupes certes limitées mais consistantes et disciplinées, soutien dont Pierre ne veut pas car incompatible avec Gérard. Le problème pour Martine est que Laurent, comme François d'ailleurs, ne veut certes pas être chef maintenant, mais c'est pour mieux l'être plus tard, et donc Laurent comme François seront rapidement des alliés encombrants pour Bertrand et Martine, lesquels ne veulent pas être des chefs intérimaires. Le pari de Pierre, qui dit vouloir n'être un chef que temporaire, est donc que Martine et Bertrand s'entendent sur son nom, mais sans François ni Laurent, potentiels perturbateurs. Ceci serait logique, mais c'est sans compter l'arithmétique électorale qui accorderait une valeur non négligeable au soutien de ces derniers. Pendant ce temps, Arnaud soutient à la fois Pierre et Martine, mais a surtout en tête, comme les autres, d'éviter d'avoir à se compter trop précisément. Jean-Christophe, lui, avait le même chef que Pierre, Dominique. Jean-Christophe est heureux de n'être que sous-chef, simplement il ne veut pas que Pierre lui passe devant, et donc soutient Martine. Jean-Christophe pense aussi que le fait de devenir chef maintenant est un bon moyen pour ne plus pouvoir l'être en 2012, et donc y voit un moyen de griller Martine ou Bertrand, de manière à laisser Dominique seul dans un futur duel avec Ségolène". Je ne suis pas tout à fait d'accord avec la suite du billet. Mais là, il tape juste et avec humour.
Il y en a quand même quelques uns qui semblaient intègres. Malheureusement, il se pourrait que Nouvelle Gauche ne réussisse pas à présenter une motion. Et ça pourrait se barrer en cacahuète. Pour être poli ! Alors le Congrès ne ressemblera à rien, son résultat, qui devait être historique, sera décevant. Ca signifie pas que le PS perdra la prochaine élection, c'est difficile de prévoir ce genre de chose. Ca signifie qu'une victoire du PS n'avancera à rien puisqu'il n'aura pas construit de projet alternatif... Ceci dit, j'étais peut-être le dernier à espérer...
Quelle perspective hors du PS ? Le NPA ? J'étais dubitatif, je le suis toujours... j'attends de voir à quel point,le résultat sera différent de feu la LCR. A quoi sert un nouveau parti s'il n'est pas un lieu de regroupement des forces de la gauche ? Sans discussion avec les diverses organisations, j'ai bien peur que ce soit un effort inutile. Le PC, LO, certains Verts, certains PS et d'autres encores. Et il faudra trancher l'inévitable question du rapport au pouvoir. C'est de ça que tout dépendra. Je crains aussi que, contrairement à ce qu'affirme Besancenot, l'attrait que semble aujourd'hui exercer le projet repose essentiellement sur sa personnalité. Ca reste malgré tout sûrement la tentative actuelle la plus solide.
Les autres partis n'avancent pas. Reculent même. Les Verts s'apprêtent à faire une liste commune pour les européennes avec Bové et Hulot. Hulot... L'écotartuffe numéro 1 ! Le PC prépare son Congrès lui aussi. Un Congrès qui pourrait bien être aussi rénovateur que celui du PS... Le MRC n'a jamais existé, le PRG est mort depuis longtemps. Quant à LO, elle en est à exclure la fraction minoritaire qui discutait avec le NPA...
Restent les tentatives de regroupement transpartisans. Les collectifs unitaires, qui ont échoué à présenter une candidature unique à gauche du PS en 2007 vivent toujours. Vivotent plutôt. Politis vient de lancer un joli appel. Il a reçu beaucoup de signatures, entraîné de nombreuses réunions publiques et un rassemblement national est prévu en octobre. Peut-être est-ce un nouveau départ. Toutefois, en l'absence du NPA/LCR, et après l'énumération qui précéde, j'ai encore peur que ce soit un coup d'épée dans l'eau.
Et les français, et le monde, et la planète dans tout ça ?
Pessimiste donc. Pour changer. Reste plus qu'à espérer que la crise économique dégénère en révolution sociale...
11:53 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, ps, pc, lcr, npa, gauche, verts
21 septembre 2008
De Krakauer à Socalled
Ca fait bien longtemps que je n'ai pas parlé musique. La dernière fois, je faisais l'apologie du saxophone. Mon instrument. Alors, forcément, c'était du jazz.
Cette fois, ce n'est pas de jazz qu'il s'agit. Enfin pas que. Si vous avez lu attentivement ma dernière série vous le savez déjà. Socalled, c'est du hip-hop Yiddish. Dit comme ça, ça a l'air marrant, hein ? Et ça l'est.
Revenons d'abord sur ma découverte de cet artiste canadien. Bon, quand même, ça commence par du jazz. Il y a de bien longues années, quand je n'étais encore qu'un frêle collégien, mais déjà fervent amateur de jazz, j'ai découvert David Krakauer. Il était invité à Hérouville par la Saison Musicale, programmation musicale hérouvillaise qui déchire chaque année. David Krakauer est un clarinettiste extraordinaire. Virtuose ça va sans dire. Mais pas uniquement. Ses compositions partent de la culture klezmer, c'est-à-dire, pour faire rapide, feu la culture des juifs d'Europe de l'Est. Au contact de sa vie new yorkaise, Krakauer fait dériver ses racines en y ajoutant une touche personnelle, new-yorkaise, jazzy. Ce qui nous offre un résultat unique. Première écoute.
Inutile de vous dire que le concert m'a charmé. Je suis reparti avec l'album dédicacé. Le dernier morceau était radicalement différent des autres. Parce qu'il était le fruit de la collaboration avec un jeune artiste canadien. Krakauer avait fait sa connaissance quand son producteur avait eu l'intention de porter plainte contre le jeune homme qui le samplait sans autorisation. Alors le clarinettiste nous expliqua qu'il avait décidé d'enregister avec lui. C'était Socalled.
Bien des années plus tard, je consultais les progras des festivals de l'été 2007 quand je tombe sur celle du Bout du Monde. Au menu, figurait notamment Socalled. Un petit tour sur MySpace et je découvre l'univers qu'il s'est construit pendant ces années. Puis un autre petit tour. A la médiathèque du coin cette fois. Et je reviens les bras chargés de disques du bonhomme. Ecoute attentive. Enthousiaste. Et on fonce au concert...
Sa musique est assez difficile à définir. On retrouve presque toujours la clarinette new-yorkaise dans un coin de morceau. Le klezmer est réellement une composante centrale de la musique de Socalled. Mais il est aussi rappeur. Bon, il a une drôle de gueule pour un rappeur. Cheveux fous, lunettes, crâne dégarni... il a plutôt une bonne tête de geek. Quand il joue de l'accordéon, il mélange encore un peu les rôles. Donc : klezmer, rap... ça donne quelque chose de vraiment original. Et franchement, ça déchire. Et sur scène, ça ressemble à rien. C'est pour ça qu'on aime !
Pour en entendre plus, il ne vous reste qu'une chose à faire. Allez sur leur site. Et passez à la caisse !
14:14 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socalled, jazz, klezmer, krakauer, hip-hop, rap, clarinette
20 septembre 2008
Agent d'entretien (5/5)

Un steak haché, une boîte de petits-pois-carottes. Mangés en regardant le jité iTéle. Et surtout les Simpsons : les gars musclés-dopés qui battent des records à Beijing, ça m’emmerde moi. Il arrive toujours un moment où mon assiette est vide. Et où je me rappelle le travail qu’il me reste à faire. Encore pleins de poubelles à laver. Du ménage aussi. Je remonte en voiture.
Retour à la case départ. Poubelles d’abord. Le ménage pourra éventuellement attendre demain. C’est toujours aussi agréable. Je reprends mon train-train. Casque sur les oreilles, seau, liquide vert, balai, gants. Et je frotte en apnée. Puis je rentre les poubelles, l’esprit en veille. Trois poubelles par résidence, six résidences. Dix-huit. Un peu de piment, il faut les manœuvrer cette fois, étant donné que le local est dans l’immeuble. Autre conséquence, je dois aussi nettoyer le local. Tâche ingrate. Surtout quand le Mac Do, pas fini, s’étale par terre, éventré. Déjà que leurs frites sont pas spécialement appétissantes en temps normal ; là c’est juste gerbant.
C’est dans ces moments là que je me sens vraiment larbin. Que j’ai l’impression qu’on me prend pour un con. Ou une merde. Les poubelles jetées par terre, pas fermées, parce que c’est fatigant de soulever le sac plein et le couvercle de la benne. Le rouleau de vieille moquette, bien lourd, bien poussiéreux. Les pots de fleurs crevées qui vomissent leur terre. Qui sont ces porcs ? Et si j’étais zélé, je pourrais plonger dans les poubelles de recyclables. Bleu, papier. C’est écrit blanc sur noir, bien gros. Alors comment font-ils pour y balancer des bouteilles en plastique ? Merde alors ! Mais je ne suis pas zélé. Je ramasse les trucs crades parce qu’il faut bien. Les encombrants, je les carre dans un coin, les empile et ils resteront là. Quant au recyclage, c’est pas moi qui sauverais la planète !
Rien de mieux que de nettoyer ces locaux pour me foutre en rogne. Ca marche à chaque fois. Et puis de quoi j’ai l’air comme ça ? Avec mon vieux jean dégueu, mon t-shirt qui ne vaut pas mieux, mes gros gants bleus et mon odeur de poubelle ? Forcément, c’est toujours dans ces moments là que je croise une nana. Et cette fois encore ça ne manque pas. Plusieurs fois que je la vois celle-là. Blonde bien mignonne. Look de merde en général. Enfin peu importe. Puisque de toute façon, à mon bonjour répond un regard méprisant. De mon côté, plus ça va, plus je méprise aussi. Malgré ce job, je sais qui je suis, je sais ce que je vaux. Et quand on me juge, ou que je crois qu’on me juge, je méprise. Méprise en rogne, mais silencieuse. Car je me tais, toujours. Mes réparties cinglantes, je les gardes pour moi. Car il faut que je bosse.
Laver des poubelles, ça me rend aigri.
(Fin)
14:03 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19 septembre 2008
Agent d'entretien (4/5)
Au moment où je m’apprête à fermer cet ersatz de porte, j’entends un gros bruit monter depuis la route. Moteur crachant, freins grinçants, voici les éboueurs. Alors je ne ferme pas. Je dois me préparer pour la pire tâche qui m’incombe. Je n’ai jamais été perché, à l’arrière d’un camion poubelle, mais il se pourrait que mon nez préfère ça à ce qui m’attend. Car quand ils auront vidé mes poubelles dans leur camion, je devrai les laver. Des bennes de plus de 200 litres.
Un autre seau, un autre balai, un autre liquide verdâtre. Et mes mains. Je monte le son et marche vers les poubelles. Ce matin, c’était bleu et noir. Papiers et ordures ménagères. Le papier, on peut penser que c’est propre. Mais les poubelles sont rangées en extérieur. Quand il pleut c’est dans les poubelles et les pubs Lidl ou Carrouf’ scotchées par la flotte au fond, c’est pas mignon. Enfin, ça ne sent presque rien. Moins cool sont les jours où il a fallu sortir le vert. Parce que le vert c’est le verre. Et tous les fonds de liquides se mélangent et stagnent jusqu’à ce que je me penche sur la poubelle. Toutefois, rien ne peut égaler l’exhalaison joyeusement morbide d’une benne d’ordures ménagères. Surtout quand il faut rester de trop longues minutes penché, bras tendus, au-dessus de ladite benne. Malgré mes progrès en apnée, je dois respirer. C’est un plaisir pour les yeux aussi. Une texture qui rappelle les chiottes des soirs de cuites, morceaux compris. Et moi qui dois nettoyer ça…
Je trempe abondamment le balai dans le seau. Je frotte les parois, les morceaux glissent vers le fond. Ça ne brillera pas, mais l’important est d’enlever le plus gros et surtout de désinfecter. Alors je ne fais pas d’excès de zèle. Puis je frotte le fond, encore plus penché. Et balance les morceaux vers le trou qui perce la benne. Il ne me reste qu’à ranger la poubelle et envoyer mes résidus traîner dans le caniveau. Il me reste aussi à laver les deux autres bennes du même acabit et les deux bleues. En pilote automatique je m’y colle. Soutenu par Jim Morrison qui hurle dans mes oreilles.
Quand mes poubelles sont rangées, midi est passé. Je dois encore retourner sur ma première résidence pour finir le travail. Ça attendra bien une heure ou deux. Pour le moment, je vais manger.
(suite et fin demain)
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18 septembre 2008
Agent d'entretien (3/5)
Retour sur le parking. Je remonte en voiture, et c’est parti pour de nouvelles aventures. Sur le trajet, France Info me parle de Géorgie. Ça m’intéresse, mais je n’ai pas le temps d’écouter Monsieur l’Ambassadeur. Deux kilomètres plus loin, je suis arrivé. Je remets le casque sur mes oreilles et relance la musique.
Puis mes actes s’enchaînent, identiques à ceux que je viens d’effectuer ailleurs. Je marche vers le local. Qui n’en est pas un. Ici ce n’est pas une pièce, même petite. C’est un placard. Point de luxuriance donc. Tout est réduit au strict minimum. Deux balais, un seau, une serpillière et un bidon vert. Si j’ai besoin d’autre chose, il faudra que je tape dans les réserves d’une autre résidence. Dans le fond ça ne change rien.
J’attrape le seau, y verse un peu de verdure et ajoute l’eau. Encore. Je me charge comme tout à l’heure, le matériel à vitre en moins. Forcément, puisqu’il n’y a pas de vitre ici ; juste des escaliers extérieurs. Évidemment, ils sont aussi en colimaçon. C’est-à-dire qu’en plus d’êtres bourrés de coins, ils sont bien crades. Et c’est un plaisir d’y opérer en plein hiver. Mais au moins, il n’y a aucun hall à nettoyer.
Je commence. Je monte de nouveau trois étages, un balai à la main. Et je redescends. Ma technique en trois mouvements varie un peu. Je peux régulièrement balancer mon tas de poussière à tous les vents, ce qui facilite ma descente. Rapidement, j’ai fini le premier passage ; c’est ensuite que ça se corse.
Amenée par les vents, scotchés par l’humidité, la poussière est devenue crasse profonde. Incrustée dans un sol granuleux. Alors faut frotter. Bien fort. Et souvent abandonner la serpillière pour gratter directement du poil dur du balai-brosse. Ça fait les bras. Ça fait les dorsaux. Mais surtout ça fatigue. Alors, quand il s’agit de le faire dans un de ces foutus escaliers en colimaçon... Et encore une fois, je me retrouve aux prises avec des traces de chien. Bien installées. J’ai beau frotter, encore et toujours, il en reste toujours quelque chose. J’insiste, mais pas trop. S’ils n’avaient pas de chien, leur escalier serait plus propre. Après tout c’est leur problème. Moi j’ai jamais aimé ces bêtes-là ! Et l’autre qui sort de son appartement en me demandant si son chien n’aboie pas trop fort quand je balaie devant sa porte… Si j’étais moins poli, et surtout si je n’avais pas besoin de ce job pour manger, je lui ferais ravaler son clébard ! Mais je m’écrase et le gratifie d’un « non, non, ça va » pour continuer à frotter. Jusqu’en bas.
Il m’a fallu une bonne demi-heure pour venir à bout de cet escalier. Et j’ai pas le sentiment qu’il soit nettement plus propre qu’avant. Je suis moins fier qu’une heure plus tôt devant ma montagne de poussière. Surtout qu’il faut maintenant que je recommence avec l’escalier suivant. J’en ai fait deux hier. Il ne m’en reste donc plus qu’un. Quatre escaliers, une fois par semaine. Je m’y recolle donc.
La routine bien rodée continue de s’étirer. Et moi de la suivre. Ici, je croise quelqu’un que je ne hais point. C’est que la dame n’a pas de chien. Elle bavarde un peu, m’assomme de banalités. Mais ne salope pas mon travail. Et puis je peux balayer pendant qu’elle parle, un peu seule, des dernières pubs glissées dans sa boîte aux lettres. C’est moi qui les ai mises là hier. Car le bonhomme avec son petit chariot plein de papiers colorés pour consommer, il n’a pas le sésame des cages d’escalier. Sa route vers les boîtes aux lettres est coupée par une infranchissable grille bleue. Alors il laisse son tas, ostensiblement glissé entre les barreaux. À moi d’en faire quelque chose. Selon mon humeur politique du moment, je les répartis dans les boîtes ou non. Souvent, mon aversion pour la publicité fait dévier leur route. Elles filent directement au recyclage. Poubelle bleue. Hier, j’étais d’humeur productiviste, alors madame a droit à sa distraction publicitaire.
Là aussi, je finis mon travail. Alors je remballe. Mon matos sous le bras, je marche encore une fois vers mon placard. Je range comme je peux pour que ça tienne dans un espace aussi réduit. Les balais, têtes en l’air, émergent du seau dont j’ai jeté la flottasse noircie dans le caniveau. Et la serpillière étalée sur les balais afin de sécher un minimum avant mon prochain passage, dans trois jours. Elle sera toujours crade, parce que je ne peux pas la laver. Juste l’essorer.
(...à suivre)
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