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15 novembre 2008

L'éducation au hachoir

fiche-1058.gifDarcos réforme l'éducation, au hachoir. Je suis un peu concerné par plusieurs des réformes qu'il met en place, je reviendrai donc un peu là dessus. Pour l'instant, juste un petit bout de son. Sur France Culture : quatre petites minutes pour comprendre ce que sont les RASED et la menace qui leur pèse dessus. Trouvée sur le site sauvons l'école publique.

podcast

La pétition est ici, avec près de 150 000 signatures...

14 novembre 2008

Le PS et les idées

221151393.jpgPour prendre un peu de distance avec cette saturation médiatique de petits arrangements au zoo socialiste, je vous conseille de lire l'instructif article de Gérard Courtois dans Le Monde qui donne la parole à des intellectuels sur le PS. Avec notamment le mérite de sortir un peu du cercle des Gracques, Terra Nova et autres Rosanvallon pour donner aussi la parole à des intellectuels plus radicaux comme Dominique Méda, Jérôme Vidal (dont je conseille l'excellente revue) ou Yann Moullier-Boutang.

Intéressant et... à désespérer du PS. Je vais finir par croire que c'est bien la machine socialiste qui bloque toute évolution efficace de la gauche... Morceaux choisis :

Yann Moullier-Boutang : "Il n'y a pas de politique intellectuelle au PS, pas de débat créatif. Le contenu même du mot socialisme est d'un flou total. La conséquence est évidente : faute d'un affrontement sur les idées, on assiste à un affrontement hystérique sur les personnes."

Henri Weber (reponsable à la formation au PS) :"sur les quatre grandes fonctions d'un grand parti politique, il ne remplit vraiment que la première, la fonction électorale de sélection des candidats. En revanche il assume assez mal la fonction programmatique et surtout les fonctions intellectuelle et idéologique qui permettent de porter un grand récit, une représentation de la société et d'un avenir possible et souhaitable. Or on sait bien que les batailles se gagnent ou se perdent d'abord dans les têtes. Sur ce terrain, le parti ne travaille plus assez sérieusement, il ne fonctionne plus comme un intellectuel collectif"

Michel Winock, historien replace cette question dans la durée : "le désamour est ancien. Il remonte à l'après-guerre, quand l'aura et l'ascendant du Parti communiste a amené nombre d'écrivains, de savants, d'universitaires, d'artistes, à devenir membres du PCF ou compagnons de route. La guerre froide a ensuite poussé la SFIO à des alliances avec le centre et la droite et achevé de discréditer les socialistes aux yeux des partisans de la radicalité anticapitaliste et antiaméricaine. Mais le pire fut sans doute le cycle de la guerre d'Algérie qui a encore approfondi le fossé."

Dominique Méda, sociologue : "Sur des questions essentielles, comme le travail, les 35 heures, ou les indicateurs de richesse, le primat des experts, et en particulier des économistes qui font la leçon à tout le monde, a bridé et biaisé la réflexion des socialistes [...] le PS a tellement voulu paraître raisonnable à leurs yeux qu'il en a oublié ou presque des impératifs catégoriques pour la gauche, comme l'égalité ou la redistribution".

Olivier Duhamel :"Le travail intellectuel n'irrigue pas le PS parce que l'appareil de Solférino d'une part, les grands seigneurs régionaux et locaux d'autre part ne veulent pas du pouvoir politique national et ne se donnent pas les moyens de le reconquérir"

Zaki Laïdi : "Le PS est un parti gazeux, sans armature idéologique forte, ni base sociale marquée ni socle militant puissant. Une vraie mise au clair de son identité pourrait menacer son unité et lui être fatale. Car clarifier ses positions, c'est se dévoiler et risquer de s'affaiblir. Les dirigeants socialistes n'ont donc aucune envie d'aller au fond des choses : ils savent trop bien qu'ils pourraient y perdre la couche d'ozone qui les protège de l'extrême gauche."

Jean-Luc Mélenchon témoigne : Il n'y a que des risques à exposer des idées, car c'est se latéraliser, donc être inapte à toute fonction centrale."

Gérard Grunberg, directeur scientifique de Science Po : "Il y a en réalité beaucoup d'intellectuels prêts à travailler pour le PS. Mais les dirigeants socialistes n'ont pas envie de les entendre car ils pourraient poser des questions désagréables ou pointer des contradictions gênantes."

 

 

 

 

13 novembre 2008

C'est quoi un congrès socialiste ?

Pour comprendre le fonctionnement d'un congrès socialiste, Olivier Duhamel fait sa leçon sur France Culture :

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11 novembre 2008

Digressions sur un congrès socialiste

221151393.jpgLe vote a eu lieu. Quelques jours plus tard, les émotions retombent, les choses se clarifient. Pour ma part, j'ai du mal à me faire un avis sur ce qu'il vient de se passer. C'est toutefois un moment qui m'amène à repenser à la valeur de mon engagement dans ce parti.

 

Quelques remarques sur le résultat de jeudi soir d'abord. Je ne trouve pas que le résultat soit aussi clair que les médias l'ont déclamé en boucle. Oui, la motion de Ségolène Royal est en tête, assez nettement pour qu'il n'y ait pas de litige sur ce point. Mais Les résultats sont quand même bien serrés ! 29-25-25-19... je vois plutôt un étalement pas très net qu'une franche victoire ! Et contrairement à ce qu'on entend aussi en boucle, le résultat de la "gauche du PS" n'est pas satisfaisant. Si on veut bien hasarder une comparaison avec le Congrès du Mans où Fabius faisait 21% avec Mélenchon, Dolez et Lienemann, sans même compter les 23% de la motion NPS soutenue par Hamon et Emmanuelli, c'est plutôt un recul. C'est mieux que ce que prévoyaient les analystes (qui sont-ils, on ne le saura pas...) ; c'est moins que ce qu'il aurait fallu pour que je sois satisfait. Je crois que je ne l'aurais été que dans une configuration où la motion d'Hamon aurait pu peser, en gros à armes égales, dans une alliance majoritaire avec celle d'Aubry. Ce ne sera pas le cas. Point.

On vient d'apprendre que Ségolène Royal avait décidé d'aller au charbon. J'en suis assez content. Je pense qu'une telle clarification était nécessaire. D'un point de vue tactique, je n'en sais trop rien. Mais d'un point de vue politique c'est certain. Pas que je soit un partisan de la présidente poitevine, c'est plutôt le contraire. Mais la décision que prendront les militants de la choisir ou de la rejeter aura une autre clarté qu'un vote sur Peillon ou Dray, maintenus jusqu'alors dans l'ombre, y compris pour la masse des militants !

Enfin, dernier point des rebondissements de ce congrès sur lequel je veux revenir, le départ de Mélenchon et Dolez. Je vous conseille d'écouter l'émission de France Inter, "Dimanche soir politique" où le premier s'explique longuement. Si c'est trop long, regardez ses passages dans la Matinale de C+ ou chez Karl Zero. C'est clair et net. Et honnête. Je suis assez d'accord avec son constat. Et je suppute notamment que je serai en désaccord avec le PS dans quelques mois, au moment des élections européennes. Là où je suis dubitatif, c'est sur l'efficacité politique du geste de Mélenchon. Je pense qu'il était devenu un faire valoir de gauchisme au sein du PS, pas grand chose de plus. Mais quel impact aura son nouveau parti ? Il ne servira à rien, sauf si des militants socialistes décident de le suivre en masse ; j'ai des doutes. A moins qu'il participe à fédérer divers courants de "l'autre gauche" dans un projet commun pour les européennes. Alors peut-être qu'une dynamique impliquant des socialistes (ex ou pas) pourrait avoir une envergure non négligeable (et peut-être que sur ce point, l'élection d'un personnalité clivante comme Royal aura des effets bénéfiques pour le projet de Mélenchon). Encore une fois je doute, cette fois à cause du NPA : Besancennot à accueilli avec froideur la décision de Mélechon, et j'ai bien peur que son nouveau parti ne voit les élections européennes à venir comme  un bon test de lancement, pour voir ce qu'il pèse.

 

Ce congrès m'amène donc à me poser des questions sur mon engagement. Pourquoi suis-je au PS ? J'y étais venu un peu par défaut, parce que, aujourd'hui, le PS est la seule organisation capable de peser dans la sphère politique. De ce point de vue là, l'évolution de l'autre gauche m'ouvre peu de perspectives immédiates. J'ai bien signé l'appel de Politis, mais sans vraiment y croire. Je voulais aussi participer à ce congrès, dans l'espoir que le PS se "gauchise". C'était vain, on vient de le voir. Enfin, c'était aussi pour moi un engagement local, dans une ville de gauche où règne un maire de droite. C'est là peut-être que je suis le plus déçu.

Rien de concret, rien d'ambitieux. Après la défaite assez inattendue de la liste d'union de la gauche, nous parlions de créer une association regroupant les différentes forces de la gauche locale, pour permettre à des citoyens non encartés de militer à nos côtés sans s'engager dans un parti, pour rester en contact permanent. Rien n'a été fait. Et le PS, première force d'opposition, pourtant forte d'une bonne centaine de militants, ne fait rien. Nous ne faisons rien d'ambitieux. Tout le monde était d'accord sur la nécessité de publier un papier régulier. Pourtant, au dernier comité de rédaction, nous n'étions que trois. Et à part ça, il n'y a que réunions de sections et quelques coups de fils ou mail pour venir chercher les tracts à distribuer. On n'organise aucun moment de débat ou d'information dans la ville. D'ailleurs, c'est à peine si on débat en section ! La campagne aurait pourtant pu nous montrer ce qu'était une activité politique présente et ambitieuse... Je ne vise personne en disant ça, c'est l'organisation qui est molle, et moi-même je n'ai pas pris la parole pour réclamer qu'on travaille plus. Je constate seulement.

Bref, je me pose donc toujours la question de mon engagement. Ai-je fait le bon choix en rejoignant le PS ? Et dois-je y rester ? La question est pour moi bien ouverte. Je ne suis pas sûr d'être ici à ma place. Il est à peu près certain que s'il existait une réelle dynamique unitaire à gauche du PS, je me lancerai dans l'aventure. J'en repalerai plus tard. Il n'y a rien, donc je ne sais pas quoi faire. Finalement, c'est assez simple !

 

05 novembre 2008

Réclame

Quelques pubs piochées en marge des articles sur le congrès de Reims sur rue89. No comment...

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04 novembre 2008

Le Congrès arrive !

221151393.jpgLe congrès du PS commence véritablement dans deux jours, jeudi soir, avec le vote sur les motions. Si je n'ai pas caché ma position, je voterai pour la motion de Benoît Hamon, je n'ai pas trouvé le temps pour écrire sur les motions ; j'aurais aimé vous proposer un résumé et mon avis sur chacune d'elle, mais j'ai trop de travail pour ça.

Dans la dernière ligne droite, rue89 présente un article sur chacune des motions. Ils ont commencé par les petites motions, celles dont les autres médias ne parlement même pas, celles d'Utopia et du Pôle écologique. Puis sont venues les présentations de Benoît Hamon, de Martine Aubry et de Bertrand Delanoë. Absente pour l'instant (l'article ne devrait pas tarder) Ségolène Royal.

 

A noter aussi le lancement du site leftblogs.info où des blogueurs de gauche raconteront leur vision du congrès. Certains y seront présent le week-end du 15 novembre. A suivre !

03 novembre 2008

Former les militants

Comme tous les militants socialistes, j'ai reçu la semaine dernière le rapport d'activité du PS dans ma boîte. Comme (presque) tous les militants socialistes, je ne l'ai pas lu. Sauf la partie concernant l'activité de formation, placée sous la tutelle d'Henri Weber. J'avoue que c'est assez déprimant. Derrière l'enrobage, on voit le vide de l'action du PS sur cette question. Ce que semble confirmer Julien Dray dans l'entretien qu'il a passé avec quelques blogueurs (voir la liste des billets qui en ont résulté chez Nicolas J.). Hervé Nowak écrit : "Il nous explique que la formation populaire doit être replacée au cœur des préoccupations, il est lassant de voir évoluer une classe politique élitiste qui confisque le savoir, car au fond, que serait l’humanité sans cette transmission du savoir."

Pourquoi je m'intéresse à cette question ? Parce qu'elle me semble d'être d'une importance non négligeable et pourtant négligée dans la lutte des socialistes contre un ordre social inégalitaire. Elle est d'ailleurs au centre de mes recherches de master 1 (je travaille sur la formation des militants du PCF dans la période de la guerre froide, j'y reviendrais peut-être un de ces jours). J'aimerais revenir sur deux points qui me semblent plaider dans le sens de l'affirmation de Dray.

 

J'écrivais ceci il y a quelques mois (dans un article repis par Libération, quand même !) :

Le deuxième axe [en parallèle du travail de réflexion idéologique] de ce qui devrait être l’action du Parti Socialiste est donc le travail de popularisation des valeurs, des thèmes et in fine des solutions des socialistes. Travail qui devrait être bien plus ambitieux, bien plus profond qu’une simple campagne électorale, essentiellement télévisée. Car comme je le disais plus haut, pour espérer avoir les moyens de mettre en place une politique socialiste, il faut vraiment convaincre la population. C’est donc sur le terrain idéologique que la propagande (acceptons le mot dans sa définition non totalitaire : travail de communication en vue de convaincre sur un terrain politique) doit jouer. On sait tous que la télévision, et la plupart de médias de manière générale, se prêtent mal à de longs débats ou argumentaires. Je pense que pour convaincre il faut réellement aller vers les gens. C’est d’un travail de terrain que pourra émerger une France socialiste. Comment faire ? Là encore, je n’ai pas de réponse toute faite. Le PS est lié à un grand nombre d’associations de terrain, il y a sûrement quelque chose à faire de ce réseau. Ensuite, il faut utiliser au mieux le réseau des militants. Pour organiser des diffusions de tracts, des journaux locaux (qui traitent à la fois des enjeux locaux et nationaux)… Et surtout organiser des réunions, dans les entreprises, dans les quartiers pour (re)créer un lien avec les couches populaires (ah, que je n’aime pas cette expression !) et le Parti. Ce qui nécessite de revaloriser la place des militants dans le Parti. Bref, il faut faire du PS un parti de militants et non de notables. Et peut-être un jour un parti de masse. C’est par un tel travail de longue haleine, en ressassant parfois certains thèmes, en convaincant pied par pied qu’on construira quelque chose de durable. Renforcer le lien entre le Parti et le peuple passe aussi par une meilleure écoute qui fasse remonter les revendications populaires jusqu’aux débats idéologiques, une écoute qui soit aussi une forme de conseil aux personnes en situation difficile (comme parfois les syndicats au sein de entreprises) et donc une écoute créatrice de confiance

 

Premier point. La formation des militants doit être un des éléments centraux pour répondre à cet objectif. D'abord pour convaincre les militants socialistes (et pourquoi pas les écouter ?). Ensuite pour leur donner de réels outils politiques pour débattre, argumenter, convaincre.  Au quotidien comme dans des réunions publiques, par la rédaction de papiers locaux ou tout autre action militante. Parce que seuls les militants pourront remplir cette tâche de construire une France socialiste. Ce travail de formation ne doit donc pas seulement concerner les cadres du parti, mais être proposé à tous les militants, à l'échelle de la section si c'est possible, en regroupant plusieurs sections sinon. Déjà le cadre fédéral me paraît trop large et trop centralisé pour être pertinent. Nous prônons la décentralisation, appliquons la. Et alors, les convictions transmises aux militants par ces formations feront tâche d'huile.

 

Deuxième point. Sans faire preuve d'un ouvriérisme comparable à celui du PCF il y a quelques années, j'assigne aussi à ce travail de formation un objectif social. Celui de permettre à d'autres que des énarques, des universitaires, des prof, des médecins, de prendre des reponsabilités dans le parti. Ou d'exercer des mandats locaux ou nationaux. Ne nous leurrons pas, une rapide analyse sociologique des élus , des candidats et même des cadres socialistes suffirait, j'en suis persuadé, à convaincre qu'entre nos discours et nos actes, il y a un fossé à combler. Il faut donc construire une offre éducative qui soit pertinente pour des gens qui n'ont pas pu, ou n'ont pas voulu quand c'était possible, poursuivre des études supérieures, voire secondaires (au moins le lycée). Avec tous les reproches qu'on peut légitimement lui faire, le système éducatif mis en place par le PCF avait au moins cette qualité à mes yeux essentiels : elle a permis à des ouvriers de passer de l'usine aux mairies, conseils généraux, et même à l'Assemble Nationale, au Sénat et jusqu'à quelques ministères. Des gens qui ont démontré qu'on pouvait être issu de milieux populaires et exercer avec qualité des mandats électifs, des exemples en quelques sorte ; des gens, aussi, qui ont apporté dans l'exercice de leurs fonctions un regard radicalement différent de celui qui n'a connu que l'ENA et le pouvoir, par leur expérience infiniment différente de la société. A nous de reprende le flambeau, de l'adapter à une société qui a évolué, de l'élargir à toutes les catégories maintenues dans une infériorité politique. A nous de lui donner une dimension encore plus ambitieuse. Il me semble tenir là  un des éléments d'une perspective révolutionnaire de renversement et d'équilibrage de l'ordre politique. Nous critiquons la reproduction des élites, luttons contre elle !

 

 

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