17 février 2009
Sus aux protectionnistes !

Sur son blog hébergé par le Monde diplomatique, le désormais fameux "professeur" Lordon nous livre une très intéressante leçon. Il démonte la petite ritournelle qui devient petit à petit plus obsédante au fil des semaines, celle d'un "retour au protectionnisme" comme menace absolue dans le tourment de la crise. Je résume.
Pour être crédible et effrayante, cette menace d'un retour au protectionnisme (entendu comme des méchants droits de douane qui entravent le commerce international) doit avoir lieu dans un contexte de non-protectionnisme. Or, en pratique, toutes les différences socio-productives qui existent entre les états (droit du travail, sécurité sociale, conception de l'impôt, infrastructures, etc.) sont des protections. Toutes différences qui sont bien loin de disparaître un jour... Bref, les différences influant sur le commerce international ne sont pas que dans les marchés et les droits de douanes, loin de là. La "menace" joue bien plutôt comme un argument pour défendre un certain modèle idéologique.
Pour enfoncer le clou, on peut même dire que, dans le cadre fixé par ces structures éminemment différentes d'un pays à l'autre, s'obstiner à vouloir à tout prix une "concurrence libre et non faussée", c'est finalement accentuer les distorsions. "Car il n’y a pas moyen plus efficace de maximiser labrutalité des rencontres compétitives entre entités appartenant à des environnements structurels hétérogènes que de les plonger dans le faux level playing field [terrain de jeu applani, càd la concurrence non faussée] des marchés grands ouverts".
Bref, pour résumer : le protectionnisme ne menace pas ; il a toujours été là.
(Oui je sais, pour l'image, c'est facile...)
18:12 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : protectionnisme, frederic, lordon, economie, politique


Commentaires
Et les avantages compétitifs vous les placez ou exactement? Je suis quand même d'accord que le protectionnisme a toujours été la, je rajouterais que c'est la culture d'un lieu qui engendre la différence que vous exprimez et cela est bien difficilement changeable je suis d'accord . Par contre, je pense que la brutalité des compétitions est bonne et a rechercher si on pense avoir le dessus, sans monopole, seul les faibles veulent les catégoriser pour réduire le niveau de compétitivité. La crise il est sur crée beaucoup de faible, que va-t-il se passer?
Ecrit par : l'autre | 17 février 2009
Les "avantages compétitifs" font partie, il me semble, des différences entre structures socio-productives dont parle Lordon.
Le problème que j'ai avec la "brutalité des compétitions", c'est de savoir dans quelles règles elles se déroulent et ce qu'on fait des perdants.
Par contre, je ne comprend pas tout à fait le sens, ou plutôt l'enchaînement logique entre les deux partie de votre phrase : "Par contre, je pense que la brutalité des compétitions est bonne et a rechercher si on pense avoir le dessus, sans monopole, seul les faibles veulent les catégoriser pour réduire le niveau de compétitivité." Les faibles veulent catégoriser quoi ?
Ecrit par : Colin | 18 février 2009
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