14 décembre 2008
Pourquoi j'ai quitté le PS
Comme je l'ai dit dans ma dernière note, j'ai quitté le PS. J'ai envoyé un mail au secrétaire de la section hérouvillaise pour lui expliquer mon choix. Comme c'est un peu plus détaillé, mieux présenté, je la reproduit ici.
J'avais fait le choix du PS pour plusieurs raisons. D'abord par défaut. Parce que, pour répondre à mes convictions et mon envie d'action, il ne me semblait pas y avoir d'autre lieu existant en France. A côté d'une gauche balkanisée, je pensais que la seule possibilité était d'essayer de renforcer le PS tout en le « gauchisant ». C'est aussi la deuxième raison qui m'a fait adhérer à ce moment. Deux jours avant la date limite pour participer au Congrès de Reims. J'espérais qu'il serait possible de réorienter la ligne idéologique du PS, c'est pourquoi j'avais de l'enthousiasme à soutenir la motion « Un monde d'avance ». Enfin, la vivacité, l'intelligence et la richesse que j'avais côtoyés dans la campagne municipale à Hérouville-Saint-Clair me laissait voir, localement, un manière séduisante de faire de la politique. Bref, je venais avec une envie d'agir, mais sans illusion par rapport au PS lui-même.
Aujourd'hui, je m'en vais. Pour la gauche balkanisée, les choses ne se sont par arrangées, mais j'ai cessé de croire que l'alternative sociale pourrait venir du PS. Revenir au pouvoir, il le peut sûrement... mais pour en faire quoi ? Je n'y crois plus. Et le Congrès a participé à désenchanter ce qui pouvait encore l'être. Le faible score de la motion de Benoît Hamon d'abord. L'unité me laissait espérer, en vain, un bien meilleur score. L'attitude irresponsable, ridicule, égocentrique de nombre des dirigeants nationaux ensuite, surtout après le résultat serré entre Martine Aubry et Ségolène Royal. Militer, distribuer des tracts... pour faire élire ces gens-là ? Très peu pour moi ! Et je sais aussi qu'un des points où je diverge fondamentalement avec la position majoritaire de ce parti, c'est la question européenne. Et la prochaine campagne, c'est justement celle des européennes. Le PSE, avec le soutien d'enthousiaste de la nouvelle première secrétaire, vient d'adopter un programme pour ces élections. On ne peut pas faire plus hypocrite : prétendre rompre avec la direction actuelle de l'Union pour faire une Europe démocratique et sociale en décidant de ne pas présenter de candidat contre le président sortant de la commission, Barroso, c'est nous prendre pour des cons ! Enfin, quant à l'action de la section locale, la déception fut également de taille. Sûrement la campagne fut-elle éprouvante, sûrement la défaite fut-elle choquante. N'empêche qu'on ne fait rien. Moi pas plus que les autres, j'en suis bien conscient. Discussions ronronnantes en réunion de section, distribution de tract. Et c'est à peu près tout. Ne pourrait-on pas attendre plus d'ambition de la part d'une section qui compte plusieurs dizaines de militants, peut-être une bonne centaine ? Si au moins on avait su donner naissance à l'association dont nous parlions après la campagne, qui devait unir les forces de la gauche hérouvillaise pour mener des actions conjointes. Même pas. Je n'accuse personne en particulier ici. C'est le fonctionnement du groupe qui est en cause.
Ce n'est pas un choix si facile à faire. En quelques mois avec vous, j'ai eu le temps d'apprendre à apprécier un certain nombre de camarades. Nous avons discuté, débattu, critique, espéré ensemble, ri ensemble. Mais je ne me sens plus à ma place au Parti Socialiste. Alors je rend ma carte. Je reste néanmoins prêt à agir avec vous sur certaines campagnes. Je pense notamment aux combats qui suivront les européennes. Il faudra toutes les énergies pour battre Thomas, aux municipales comme, peut-être, aux cantonales. Et si, par miracle, une association transpartisane voyait finalement le jour pour unir la gauche hérouvillaise, j'en serais. Je me réjouis quand même de ta désignation comme secrétaire de section et de celle de Damien à la fédération. Peut-être sauras-tu faire mentir mon jugement sur la mollesse de la section socialiste ! Je te souhaite beaucoup de courage pour le travail qui t'attend. Je ne te demande qu'une chose : salues les camarades de ma part, et notamment ceux qui ont soutenu la motion C, et expliques-leur ma décision.
12:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : politique, parti, socialiste, ps, segolene, royal, martine
02 décembre 2008
C'est fini !
Je n'y crois plus. Si tant est que j'y ai cru. Le PS se passera de moi.
Il y a quelques jours, j'écrivais ceci :
Ce congrès m'amène donc à me poser des questions sur mon engagement. Pourquoi suis-je au PS ? J'y étais venu un peu par défaut, parce que, aujourd'hui, le PS est la seule organisation capable de peser dans la sphère politique. De ce point de vue là, l'évolution de l'autre gauche m'ouvre peu de perspectives immédiates. J'ai bien signé l'appel de Politis, mais sans vraiment y croire. Je voulais aussi participer à ce congrès, dans l'espoir que le PS se "gauchise". C'était vain, on vient de le voir. Enfin, c'était aussi pour moi un engagement local, dans une ville de gauche où règne un maire de droite. C'est là peut-être que je suis le plus déçu.
Rien de concret, rien d'ambitieux. Après la défaite assez inattendue de la liste d'union de la gauche, nous parlions de créer une association regroupant les différentes forces de la gauche locale, pour permettre à des citoyens non encartés de militer à nos côtés sans s'engager dans un parti, pour rester en contact permanent. Rien n'a été fait. Et le PS, première force d'opposition, pourtant forte d'une bonne centaine de militants, ne fait rien. Nous ne faisons rien d'ambitieux. Tout le monde était d'accord sur la nécessité de publier un papier régulier. Pourtant, au dernier comité de rédaction, nous n'étions que trois. Et à part ça, il n'y a que réunions de sections et quelques coups de fils ou mail pour venir chercher les tracts à distribuer. On n'organise aucun moment de débat ou d'information dans la ville. D'ailleurs, c'est à peine si on débat en section ! La campagne aurait pourtant pu nous montrer ce qu'était une activité politique présente et ambitieuse... Je ne vise personne en disant ça, c'est l'organisation qui est molle, et moi-même je n'ai pas pris la parole pour réclamer qu'on travaille plus. Je constate seulement.
Bref, je me pose donc toujours la question de mon engagement. Ai-je fait le bon choix en rejoignant le PS ? Et dois-je y rester ? La question est pour moi bien ouverte. Je ne suis pas sûr d'être ici à ma place. Il est à peu près certain que s'il existait une réelle dynamique unitaire à gauche du PS, je me lancerai dans l'aventure. J'en reparlerai plus tard. Il n'y a rien, donc je ne sais pas quoi faire. Finalement, c'est assez simple !
Effectivement, c'est simple. Rien ne me retient. Je m'en vais, vers d'autres horizons politiques, plus incertains. Participer à d'autres choses, d'autres tentatives, tenter de m'impliquer dans l'effort de configuration de la "gauche de gauche". Et je repose à plat, remet en question quelques menues certitudes assoupies au fond de mon esprit.
Bref, je vais de nouveau théoriser en rond sur ce blog ! M'en fout, c'est pour ça qu'il est là !
00:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, congres, ps, parti, politique
13 novembre 2008
C'est quoi un congrès socialiste ?
Pour comprendre le fonctionnement d'un congrès socialiste, Olivier Duhamel fait sa leçon sur France Culture :
10:21 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, parti, socialiste, ps, congres
03 novembre 2008
Former les militants
Comme tous les militants socialistes, j'ai reçu la semaine dernière le rapport d'activité du PS dans ma boîte. Comme (presque) tous les militants socialistes, je ne l'ai pas lu. Sauf la partie concernant l'activité de formation, placée sous la tutelle d'Henri Weber. J'avoue que c'est assez déprimant. Derrière l'enrobage, on voit le vide de l'action du PS sur cette question. Ce que semble confirmer Julien Dray dans l'entretien qu'il a passé avec quelques blogueurs (voir la liste des billets qui en ont résulté chez Nicolas J.). Hervé Nowak écrit : "Il nous explique que la formation populaire doit être replacée au cœur des préoccupations, il est lassant de voir évoluer une classe politique élitiste qui confisque le savoir, car au fond, que serait l’humanité sans cette transmission du savoir."
Pourquoi je m'intéresse à cette question ? Parce qu'elle me semble d'être d'une importance non négligeable et pourtant négligée dans la lutte des socialistes contre un ordre social inégalitaire. Elle est d'ailleurs au centre de mes recherches de master 1 (je travaille sur la formation des militants du PCF dans la période de la guerre froide, j'y reviendrais peut-être un de ces jours). J'aimerais revenir sur deux points qui me semblent plaider dans le sens de l'affirmation de Dray.
J'écrivais ceci il y a quelques mois (dans un article repis par Libération, quand même !) :
Le deuxième axe [en parallèle du travail de réflexion idéologique] de ce qui devrait être l’action du Parti Socialiste est donc le travail de popularisation des valeurs, des thèmes et in fine des solutions des socialistes. Travail qui devrait être bien plus ambitieux, bien plus profond qu’une simple campagne électorale, essentiellement télévisée. Car comme je le disais plus haut, pour espérer avoir les moyens de mettre en place une politique socialiste, il faut vraiment convaincre la population. C’est donc sur le terrain idéologique que la propagande (acceptons le mot dans sa définition non totalitaire : travail de communication en vue de convaincre sur un terrain politique) doit jouer. On sait tous que la télévision, et la plupart de médias de manière générale, se prêtent mal à de longs débats ou argumentaires. Je pense que pour convaincre il faut réellement aller vers les gens. C’est d’un travail de terrain que pourra émerger une France socialiste. Comment faire ? Là encore, je n’ai pas de réponse toute faite. Le PS est lié à un grand nombre d’associations de terrain, il y a sûrement quelque chose à faire de ce réseau. Ensuite, il faut utiliser au mieux le réseau des militants. Pour organiser des diffusions de tracts, des journaux locaux (qui traitent à la fois des enjeux locaux et nationaux)… Et surtout organiser des réunions, dans les entreprises, dans les quartiers pour (re)créer un lien avec les couches populaires (ah, que je n’aime pas cette expression !) et le Parti. Ce qui nécessite de revaloriser la place des militants dans le Parti. Bref, il faut faire du PS un parti de militants et non de notables. Et peut-être un jour un parti de masse. C’est par un tel travail de longue haleine, en ressassant parfois certains thèmes, en convaincant pied par pied qu’on construira quelque chose de durable. Renforcer le lien entre le Parti et le peuple passe aussi par une meilleure écoute qui fasse remonter les revendications populaires jusqu’aux débats idéologiques, une écoute qui soit aussi une forme de conseil aux personnes en situation difficile (comme parfois les syndicats au sein de entreprises) et donc une écoute créatrice de confiance…
Premier point. La formation des militants doit être un des éléments centraux pour répondre à cet objectif. D'abord pour convaincre les militants socialistes (et pourquoi pas les écouter ?). Ensuite pour leur donner de réels outils politiques pour débattre, argumenter, convaincre. Au quotidien comme dans des réunions publiques, par la rédaction de papiers locaux ou tout autre action militante. Parce que seuls les militants pourront remplir cette tâche de construire une France socialiste. Ce travail de formation ne doit donc pas seulement concerner les cadres du parti, mais être proposé à tous les militants, à l'échelle de la section si c'est possible, en regroupant plusieurs sections sinon. Déjà le cadre fédéral me paraît trop large et trop centralisé pour être pertinent. Nous prônons la décentralisation, appliquons la. Et alors, les convictions transmises aux militants par ces formations feront tâche d'huile.
Deuxième point. Sans faire preuve d'un ouvriérisme comparable à celui du PCF il y a quelques années, j'assigne aussi à ce travail de formation un objectif social. Celui de permettre à d'autres que des énarques, des universitaires, des prof, des médecins, de prendre des reponsabilités dans le parti. Ou d'exercer des mandats locaux ou nationaux. Ne nous leurrons pas, une rapide analyse sociologique des élus , des candidats et même des cadres socialistes suffirait, j'en suis persuadé, à convaincre qu'entre nos discours et nos actes, il y a un fossé à combler. Il faut donc construire une offre éducative qui soit pertinente pour des gens qui n'ont pas pu, ou n'ont pas voulu quand c'était possible, poursuivre des études supérieures, voire secondaires (au moins le lycée). Avec tous les reproches qu'on peut légitimement lui faire, le système éducatif mis en place par le PCF avait au moins cette qualité à mes yeux essentiels : elle a permis à des ouvriers de passer de l'usine aux mairies, conseils généraux, et même à l'Assemble Nationale, au Sénat et jusqu'à quelques ministères. Des gens qui ont démontré qu'on pouvait être issu de milieux populaires et exercer avec qualité des mandats électifs, des exemples en quelques sorte ; des gens, aussi, qui ont apporté dans l'exercice de leurs fonctions un regard radicalement différent de celui qui n'a connu que l'ENA et le pouvoir, par leur expérience infiniment différente de la société. A nous de reprende le flambeau, de l'adapter à une société qui a évolué, de l'élargir à toutes les catégories maintenues dans une infériorité politique. A nous de lui donner une dimension encore plus ambitieuse. Il me semble tenir là un des éléments d'une perspective révolutionnaire de renversement et d'équilibrage de l'ordre politique. Nous critiquons la reproduction des élites, luttons contre elle !
14:42 Publié dans Réflexions politiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, formation, militant, parti, socialiste, communiste, ps
25 septembre 2008
Les motions
Vous n'avez rien à faire ? Vous rêvez de lire la prose des grands manitous socialistes ?
Alors voici pour vous lecteurs, et rien que pour vous.... les six motions en lice pour le Congrès de Reims !
A votre gauche, Un Monde d'Avance, la motion soutenue par Benoit Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Pierre Larrouturou.
Derrière, toujours à gauche, mais plus petit, Socialistes, Altermondialiste, Ecologistes, la motion des socialistes utopistes. Y en a encore !
Au centre, qui s'étale de Lolo à Camba, Changer a Gauche pour Changer la France, la motion de Martine.
Qui s'étale aussi, mais plus discretement, Pour un parti résolument écologique, la motion du Pôle écologique.
Et enfin, les deux qui se marchent dessus, Pour une révolution démocratique, où le terne Collomb camoufle Ségolène et Clarté, courage, créativité, avec Bertrand en guest star et Mosco au coin !
A vos lunettes !
16:47 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : motions, congres, reims, parti, socialiste, ps, delanoe
23 septembre 2008
Union de la Gauche
Rapidement, avant de me replonger dans la revue Communisme.
Quelques gouttes d'optimismes viennent un peu tempérer mon dernier article politique. J'y écrivais "L'aile gauche pourrait faire cause commune pour relever le débat. Malgré ça, c'est mal barré pour avoir Hamon et Mélenchon sur une même motion" et je craignais pour celle de Larrouturou. En gros, mon coeur balançait entre ces trois options : Mélenchon/Dolez, Hamon/Lienemann et Larrouturou. On vient d'apprendre que tout ceux-là feraient cause commune pour le Congrès en présentant une motion commune. Je sais donc désormais quelle sera ma position au moment de voter le 6 novembre prochain. Ca n'emballe pas Marc, moi ça me fait plaisir. Reste à savoir s'ils iront bien jusqu'à présenter un candidat au poste de premier secrétaire, Hamon affirme qu'il le sera, et il me semble effectivement être le mieux placé pour ça, ou s'ils finiront par se ranger derrière Aubry. Sur le principe je préfererais la première option, je n'ai jamais caché mon penchant pour le jeune homme, mais il semble difficile de savoir quelle sera la meilleure option avant d'évaluer les rapports de force entre motion. Parce qu'à tout prendre, je crois bien que je préfère Aubry à Delanoe ou Royal...
16:42 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : hamon, mélenchon, larrouturou, nouvelle gauche, ps, congres, royal
22 septembre 2008
La gauche (où qu'on en est ?)
Où je me reprends à parler politique.

La gauche c'est cool. C'est pour ça que je fais de la politique, que je suis un gauchiste et que tous mes potes (si j'oublie les autres...) sont de gauche. Mais la gauche c'est aussi le bordel.
Je suis au Parti Socialiste. J'ai déjà expliqué pourquoi. Pourtant aujourd'hui, j'aime pas le PS. Qui aime le PS aujourd'hui ? On a un Congrès en novembre où ne semblent compter que les ambitions personnelles. Débats, projets... ce ne sont que de vains mots. Delanoë et Royal sont d'accord sur l'essentiel, mais font mine de rien avoir remarqué. L'aile gauche pourrait faire cause commune pour relever le débat. Malgré ça, c'est mal barré pour avoir Hamon et Mélenchon sur une même motiion...
Sur sauce, Martin nous explique tout ça très bien : "Bertrand veut être chef à la place du chef, mais avec le soutien de l'ancien chef, François, qui voudra rapidement le redevenir. Au vu de cette alliance, Ségolène, qui voulait être chef, n'en fait plus un "préalable" pour éviter d'avoir à se compter sur son seul nom. Elle cherche à rejoindre Gérard lequel devait soutenir Pierre qui veut être chef sans en faire lui non plus un "préalable". Mais si Pierre est soutenu par Ségolène, il ne peut plus l'être par Martine, qui d'ailleurs veut être chef sans l'avoir dit explicitement. D'autant que Ségolène pourrait très bien réviser à la hausse son ambition en fonction des résultats de sa motion avec Gérard, vu qu'elle n'est pas du genre à s'embarrasser de palabres quand elle peut saisir une occasion. Martine, de son côté, veut à tout prix conserver le soutien de Laurent, réputé avoir des troupes certes limitées mais consistantes et disciplinées, soutien dont Pierre ne veut pas car incompatible avec Gérard. Le problème pour Martine est que Laurent, comme François d'ailleurs, ne veut certes pas être chef maintenant, mais c'est pour mieux l'être plus tard, et donc Laurent comme François seront rapidement des alliés encombrants pour Bertrand et Martine, lesquels ne veulent pas être des chefs intérimaires. Le pari de Pierre, qui dit vouloir n'être un chef que temporaire, est donc que Martine et Bertrand s'entendent sur son nom, mais sans François ni Laurent, potentiels perturbateurs. Ceci serait logique, mais c'est sans compter l'arithmétique électorale qui accorderait une valeur non négligeable au soutien de ces derniers. Pendant ce temps, Arnaud soutient à la fois Pierre et Martine, mais a surtout en tête, comme les autres, d'éviter d'avoir à se compter trop précisément. Jean-Christophe, lui, avait le même chef que Pierre, Dominique. Jean-Christophe est heureux de n'être que sous-chef, simplement il ne veut pas que Pierre lui passe devant, et donc soutient Martine. Jean-Christophe pense aussi que le fait de devenir chef maintenant est un bon moyen pour ne plus pouvoir l'être en 2012, et donc y voit un moyen de griller Martine ou Bertrand, de manière à laisser Dominique seul dans un futur duel avec Ségolène". Je ne suis pas tout à fait d'accord avec la suite du billet. Mais là, il tape juste et avec humour.
Il y en a quand même quelques uns qui semblaient intègres. Malheureusement, il se pourrait que Nouvelle Gauche ne réussisse pas à présenter une motion. Et ça pourrait se barrer en cacahuète. Pour être poli ! Alors le Congrès ne ressemblera à rien, son résultat, qui devait être historique, sera décevant. Ca signifie pas que le PS perdra la prochaine élection, c'est difficile de prévoir ce genre de chose. Ca signifie qu'une victoire du PS n'avancera à rien puisqu'il n'aura pas construit de projet alternatif... Ceci dit, j'étais peut-être le dernier à espérer...
Quelle perspective hors du PS ? Le NPA ? J'étais dubitatif, je le suis toujours... j'attends de voir à quel point,le résultat sera différent de feu la LCR. A quoi sert un nouveau parti s'il n'est pas un lieu de regroupement des forces de la gauche ? Sans discussion avec les diverses organisations, j'ai bien peur que ce soit un effort inutile. Le PC, LO, certains Verts, certains PS et d'autres encores. Et il faudra trancher l'inévitable question du rapport au pouvoir. C'est de ça que tout dépendra. Je crains aussi que, contrairement à ce qu'affirme Besancenot, l'attrait que semble aujourd'hui exercer le projet repose essentiellement sur sa personnalité. Ca reste malgré tout sûrement la tentative actuelle la plus solide.
Les autres partis n'avancent pas. Reculent même. Les Verts s'apprêtent à faire une liste commune pour les européennes avec Bové et Hulot. Hulot... L'écotartuffe numéro 1 ! Le PC prépare son Congrès lui aussi. Un Congrès qui pourrait bien être aussi rénovateur que celui du PS... Le MRC n'a jamais existé, le PRG est mort depuis longtemps. Quant à LO, elle en est à exclure la fraction minoritaire qui discutait avec le NPA...
Restent les tentatives de regroupement transpartisans. Les collectifs unitaires, qui ont échoué à présenter une candidature unique à gauche du PS en 2007 vivent toujours. Vivotent plutôt. Politis vient de lancer un joli appel. Il a reçu beaucoup de signatures, entraîné de nombreuses réunions publiques et un rassemblement national est prévu en octobre. Peut-être est-ce un nouveau départ. Toutefois, en l'absence du NPA/LCR, et après l'énumération qui précéde, j'ai encore peur que ce soit un coup d'épée dans l'eau.
Et les français, et le monde, et la planète dans tout ça ?
Pessimiste donc. Pour changer. Reste plus qu'à espérer que la crise économique dégénère en révolution sociale...
11:53 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, ps, pc, lcr, npa, gauche, verts
06 juin 2008
Quand le pétrole s'en va...
Pêcheurs en grève. Routiers en grève. Agriculteurs en grève. Taxis en grève. Ambulanciers en grève. Tout ça pourquoi ? Pour une seule et même raison : le pétrole. Le pétrole qui flambe. Qu’est ce qu’ils veulent les bougres ? Que l’Etat leur assure le carburant moins cher. Histoire de continuer à gagner de l’argent quand ils travaillent. On les comprend. Mais le problème est bien plus large que ça. Le pétrole cher ça pourrait bien ne pas s’arrêter de si tôt. Voire ne pas s’arrêter du tout. D’où vient ce prix ? On parle de spéculation. C’est vrai que depuis l’éclatement de la bulle sur l’immobilier américain, les spéculateurs en tout genre sont revenus aux bons vieux profits sur les matières premières. Avec les conséquences qu’on sait sur les prix de l’alimentaire mondial. Et les matières premières, c’est aussi le pétrole. Sauf que l’effet de la spéculation sur le prix du baril, pour réel qu’il soit, ne serait bien que l’écume sur la vague. D’autres causes bien plus profondes sont aussi bien plus inquiétantes pour l’avenir, au moins économique, de la planète. La principale, c’est sûrement que la consommation n’a jamais été aussi élevée. Surtout avec le développement à réaction de la Chine et de l’Inde. Et puis, les pays producteurs ont appris depuis quelques décennies à ne plus se laisser pomper par les compagnies européennes et américaines. S’ajoute une autre cause, qui ne joue peut-être pas encore vraiment, mais qui sera réellement problématique dans les années à venir : la pénurie. Ben oui, le pétrole c’est pas comme l’or de Midas. Quand y en a plus, y en a plus.
Mais prend-on vraiment conscience du bouleversement que représentera la hausse continue des prix du pétrole puis la pénurie ? Les conséquences économiques et sociales seront énormes. Car aujourd’hui, TOUT repose sur le pétrole. Prenons l’exemple de l’alimentaire. La plus grande partie de ce qu’on bouffe est issu d’une agriculture productiviste. C'est-à-dire qui produit sur d’énormes surfaces exploitées grâce à des machines qui fonctionnent…au pétrole. Qui nourrit ses cultures avec des produits qui contiennent… du pétrole. Qui nécessite, pour rejoindre les centres urbains de consommation, des transports roulant… au pétrole. Et on va acheter tout ça au supermarché… avec du pétrole. Les prix de l’alimentation risquent donc bien d’exploser d’une telle façon que la famine, on la connaîtra aussi. De manière générale, nous sommes dans une économie mondialisée qui regroupe des nations spécialisées et interdépendantes. Ce système est viable tant que les coûts de transport sont minimes… Et tout cela sans compter l’effet kiss cool du pétrole à tout crin, le réchauffement et autres désastres environnementaux, qui nous rappellera un jour qu’à trop jouer les apprentis sorciers c’est peut-être à notre fin biologique que nous courrons.
En gros, je pense que nous sommes à l’aube d’une période très difficile, très compliquée. Une période où il faudra repenser tout l’ordre économique du monde en cherchant à limiter au maximum les conséquences sociales. Si on laisse faire la jolie technique du libéralisme économique ? Oh oui, les « anomalies » seront corrigées. Mais en combien de décennies ? Pour quel coût humain ? Non, il faudra repenser des solutions plus ou moins dirigistes, concertées, volontaristes, pour rendre possible une transition vers une économie en partie relocalisée. En agriculture comme en industrie. Et il faut être honnête, oser affirmer que la société de surconsommation on devra l’oublier. Finis les cadeaux bonux en plastique. Ben oui, le plastique c’est du pétrole aussi, et puis c’est fabriqué en Chine tout ça, transporté à coup de pétrole. Décroissance ? Si ça continue, nous n’aurons pas le choix.
Alors voilà. Une volonté qu’il nous faut. Pour reconvertir des activités condamnées (comme la pêche telle qu’on la pratique aujourd’hui par exemple), pour soutenir ceux qui n’arriveront pas à s’adapter, pour pousser la recherche. Il faut le dire, l’assumer et proposer une vision. Tout ça nécessite évidemment une réflexion de long terme et une intervention publique (donc il faudra s’atteler à repenser la fiscalité, ça pourrait bien être nécessaire…). Volonté, vision, honnêteté. Peut-on en attendre autant de notre gouvernement ? Il est clair que non. Y-a-t-il quelqu’un au PS capable d’assumer une telle position ? J’ai peur de la réponse.
Pessimiste ? On verra…
23:28 Publié dans Réflexions politiques | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : pétrole, consommation, politique, sarkozy, ps, avenir
31 mai 2008
Une histoire des idées socialistes
Pas le temps de faire des longs billets constructifs. Y aurait pourtant quelques sujets à aborder : la remise en cause des 35 heures, le lancement d'une contribution par Hamon et Emmanuelli, le pavé de Delanoë, j'aimerais aussi dire quelques mots sur les formes d'actions, alors que les mobilisations se multiplient... Mais pour l'instant, je vais me contenter de parler d'un bouquin qui me semble intéressant pour ceux qui envisagent de réfléchir avant le Congrès. Et pour ceux qui hurlent au social-traître à la moinder évocation du mot socialiste.
Il s'agit d'une Histoire des idées socialistes, par Noëlline CASTAGNEZ-RUGGIU publiée aux éditions La Découverte en 1997. C'est pas très long (un peu plus de 120 pages) et ça synthétise de manière assez claire deux siècles de réflexion. Pour les plus fainéants, j'ai étudié le bouquin et j'en ai fait une fiche de lecture. C'est assez long (une vingtaine de pages) donc je ne le mettrais pas intégralement comme j'ai pu le faire pour d'autres travaux. J'en placerai peut-être juste deux trois bouts de temps en temps. Je la met toutefois en téléchargement libre et vous balance l'introduction de mon document.
Noëlline Castagnez-Ruggiu est née en 1986. Elle est agrégée d’histoire et maître de conférences à l’université d’Orléans. Elle étudie le mouvement ouvrier français et notamment la SFIO. Elle signe avec cette Histoire des idées socialistes son premier ouvrage.
L’historiographie des idées socialistes françaises est à la fois dense et éparse. Elle est dense car nombreux sont les auteurs qui ont écrit sur le socialisme, éparse car aucun livre avant celui-ci ne tente de synthétiser l’histoire de idées socialistes en France. On peut relever plusieurs types d’ouvrages participant à cette historiographie. Il y a d’abord les ouvrages d’histoire des idées politiques. Ils contiennent des chapitres qui se veulent brefs et concis sur les principaux courants socialistes, les utopiques, Proudhon, Marx, les réformistes. On pense ici aux publications de Jean Touchard (Histoire des idées politiques) ou de Pascal Ory (Nouvelle histoire des idées politiques). Il y a ensuite des livres sur l’histoire de la gauche dans son ensemble. Intéressants en ce qu’ils font le lien entre le courant socialiste et les autres tendances de la gauche. Mais là encore, la question précise des idées socialistes est abordée de manière synthétique, parmi d’autres. Dans cette catégorie, on trouvera le « Que sais-je » de Jean Defrasne, un autre livre de Jean Touchard (Gauche en France depuis 1900). D’autres ouvrages se veulent des histoires du courant socialiste. Pour eux aussi, les idées ne sont qu’un sujet d’études parmi d’autres (organisations, hommes, résultats, élections…). Dans le genre, on doit citer l’œuvre monumentale de Jacques Droz, Histoire générale du socialisme. En quatre volumes, il retrace l’histoire des socialistes de toute l’Europe et la taille de son livre lui permet de consacrer de nombreuses pages aux idées elle-même. Sur le socialisme français, citons aussi l’Histoire du socialisme en France de Daniel Ligou. Enfin, il existe bien des publications sur les idées socialistes, mais il s’agit d’études précises, se concentrant sur un auteur ou sur un moment précis (les socialistes utopiques ou les marxistes par exemple). Ils sont trop nombreux pour être tous cités, on trouvera toutefois une riche bibliographie thématique à la fin du livre de Noëlline Castagnez-Ruggiu. Il ne faut pas oublier que l’historiographie du socialisme, ce sont aussi des articles, notamment ceux de Michel Winock dans L’Histoire.
Ainsi, cette Histoire des idées socialistes arrive à point pour combler un manque : une synthèse de deux siècles de réflexions socialistes en France. Elle retrace le cheminement idéologique des socialistes français. Des idées socialistes composées de différents apports : indignation face à la misère, critique économique des lois « naturelles » libérales, revendication politique pour abolir la domination des riches sur les pauvres. Et au-delà de la critique, elles sont la recherche d’un monde meilleur. Et l’auteure de s’interroger : n’est ce pas cette imagination qui fait défaut à la gauche depuis 1981 ?
En une centaine de pages, elle s’interroge sur les contenus d’un socialisme français qu’elle définit comme pluriel et sur la manière donc ces contenus s’articulent entre eux et avec les socialismes étrangers. Une étude qui s’étend de l’apparition du mot « socialisme » chez Robert Owen jusqu’en 1983, « moment charnière qui marqua l’échec de l’idéologie face aux ‘’contraintes’’ ».
14:56 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : histoire, idées, socialistes, parti, ps, pcf, sfio
11 mai 2008
Pourquoi j'ai adhéré au PS

Cette fois, je parle de moi. Et de mon très récent engagement au sein du Parti Socialiste. Cela surprendra certains qui me connaissent. Car oui, je suis un putain de gauchiste. J'ai voté Besancenot l'an dernier, en hésitant avec Bové. J'ai bloqué ma fac deux fois en trois ans. Je suis abonné à Politis et au Monde Diplomatique. Et je n'ai jamais hésité à taper sur le PS, que ce soit vis-à-vis des nombreuses ambigüités de la campagne de Ségo ou sur la position de faux-cul du PS lors de la modif de la constitution de février dernier, préalable au traité de Lisbonne.
Alors quoi ? Ca y est à 21 ans j’ai appris à retourner ma veste ? Pas vraiment. D’où m’est venue la décision d’adhérer au Parti Socialiste ? Au départ, il y a une envie de réflexion politique, qui me pousse rapidement à vouloir m’engager plus en avant. Mon premier engagement (hors les combats sectoriels universitaires) est celui de la campagne municipale. La démarche comme le projet de la liste d’union de la gauche sur Hérouville, menée par le socialiste Emmanuel Renard, m’avaient séduits. Sur le terrain comme sur ce blog j’ai apporté ma modeste contribution. Premier contact concret et personnel avec le Parti Socialiste. Première défaite aussi. Car la droite conserve la mairie. Déception, à la fois par la réélection de Rodolphe Thomas et par la défaite d’un projet municipal qui me semblait tout simplement bon. Cette défaite me donne envie de participer à construire une alternative localement. Ce qui rejoint mon envie plus générale d’un engagement durable.
Deux pistes me semblent possibles : le PS ou plus à gauche. Plus à gauche ? Le PCF… hmmm ! LO… pareil. Reste la LCR, ou plutôt le futur-nouveau parti anticapitaliste. Autant dire tout de suite que je ne suis pas convaincu du tout par la démarche d’Olivier Besancenot et de la direction de la LCR. Construire un grand parti de gauche alternatif au PS, ok. Surtout si ce dernier continue à dériver vers le Modem. En s’adressant directement à la base, pourquoi pas. Mais sans parler en même temps au PCF et à LO, sans chercher à travailler avec les forces éparses des « collectifs antilibéraux »… ? Tout ça me semble de mauvais augure. S’il ne s’agit que d’agrandir la LCR, très peu pour moi. D’autant plus que je crains que tout cela ne finisse tout simplement en un « parti d’Olivier » (personnalisation qui se confirme avec son passage chez Drucker aujourd’hui même…). Bref, je ne crois pas qu’on ait là une initiative crédible pour construire une alternative à l’UMP.
Du coup, il n’y a aujourd’hui qu’un parti qui puisse espérer faire bouger les choses, le Parti Socialiste. Je ne suis bien sûr pas enthousiaste devant ce qu’est le PS. Je regrette comme beaucoup la lutte d’égo qu’il offre en spectacle à des journalistes qui n’attendent que ça. J’ai d’ailleurs déjà expliqué quel était mon souhait pour le PS, celui d’un Parti qui soit avant tout un lieu de réflexion en même temps qu’un outil massif de popularisation (bon ok, de propagande…). Je me fais sûrement quelques illusions sur ce que peut encore devenir ce parti. Certes. Mais c’était ça ou rien. Et finalement deux choses ont présidé à ma décision : d’abord cette campagne municipale qui m’a convaincue que je devais m’engager localement et que le meilleur cadre à Hérouville y était le PS ; ensuite, la perspective du Congrès de novembre qui devra être un moment fondamental pour relancer enfin une dynamique à gauche.
J’ai donc payé mes 20 euros de primo-adhérent. C’est fait. Pourtant je ne me sens pas complètement lié. Je participe bien sûr activement à la vie de ma section dont je dois un de ces jours refaire le site web (et oui, il y a du boulot...). Mais si le Congrès me déçoit, je me sentirais tout à fait libre de ne pas renouveler mon adhésion. Si je me suis trompé sur le pari de Besancenot, je reverrais aussi peut-être ma position. Et si les candidats ou programmes socialistes aux prochaines échéances (je pense notamment aux européennes ou il pourrait bien y avoir quelques divergences…)me déçoivent, rien ne m’engage à voter pour le PS, sans nécessairement rendre ma carte... En attendant, contrairement à certains qui me reprocheront d’être allé dans un parti « de droite » (…), je ne resterai pas les bras croisés.
16:52 Publié dans Réflexions politiques | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : politique, ps, parti, socialiste, adhérer, adhésion, adhérent


