02 mars 2009
Le Sacre du Tympan
Là maintenant, j'ai envie de parler de musique. C'est qu'entre Jaurès et Picasso, du squat chez ce cher Basile (que son nom soit sanctifié !) aux archives bobignesques du PCF, je me suis écouté une liste que j'ai baptisée, parce qu'il faut bien nommer les choses, funk. Pour dire « truc à fond, jazzy, qui envoie du paté grave ». Et donc, là-dedans, à côté de l'Incommensurable, du Génial, de Maceo Parker, j'ai réécouté en profondeur un groupe beaucoup moins connu, bien de chez nous et d'une richesse incroyable : le Sacre du Tympan.
Évidemment, le nom du groupe fait référence à la fameuse pièce de Stravinsky, « Le sacre du printemps ». Mais pour le peu que je l'ai écouté le Stravinsky, je vais éviter d'en parler. Par contre, ce dont je suis certain, c'est que nos tympans sont à l'honneur, constamment sollicités face à la musique de Fred Pallem et de ses amis.
Je les ai vus au programme de la Saison Musicale d'Hérouville (rien à voir avec le printemps sacré... quoique...) : sur scène ça dépote, un tonnerre de dieu. On est assis face à un tas de musiciens, qui ressemble à un big band : de la cuivraille (trompette, trombone et tout le tralala, soubassophone compris a.k.a. « Hélicon pon pon »), des beaux saxos, une rythmique sévère (piano, batterie) et le chef, Fred Pallem, branché sur sa guitare. Mais quand ils commencent à jouer, ça ne ressemble pas vraiment à un big band classique. On peut toujours chercher Glenn Miller et Moonlight Serenade ; c'est pas ça. D'abord, on ne comprend pas vraiment ce qu'on écoute et il m'a fallu quelques minutes pour rentrer dans le truc. Ça paraît un peu basique, déjà fait, déjà entendu. C'est gentil, ça s'écoute, c'est mignon. Ok, techniquement, ils sont bons, y a pas à dire. Les solos m'entraînent dans quelques légers frissons. Mais rien d'exceptionnel.
Et puis, petit à petit, à mesure que le premier morceau se déroule, la richesse de la musique se révèle. Tout est dans la composition : on en voit de toutes les couleurs. Littéralement. Les notes de Fred Pallem parviennent à nous transporter dans des univers fantasmagoriques radicalement différents les uns des autres. Il est le roi des changements d'atmosphères. Et pourtant, dans ce kaléidoscope de volutes sonores, tout est naturel ; le voyages sont imperceptibles. C'est toujours en retard qu'on découvre le nouveau paysage où il nous a installé. Le cheminement musical est bourré de références, de clins d'œil, de citations. Parfois, on s'imaginerait chez Morricone, au point d'attendre avec impatience un énigmatique harmonica. D'autrefois, c'est Pink Floyd (ah ! Atom Heart Mother...!) qu'on croit entendre, l'espace de quelques notes.
Le tout avec une énergie fantastique. On l'entend sur les skeuds, mais alors, sur scène : ça saute aux oreilles. Accords joyeux. Rythmes défoulatoires. Mélodies malicieuses. Drolatiques. Et même, c'est beau. Ben oui, ça pourrait être composé le plus habilement du monde, et toujours pas faire que mes tympans frétillent ! Mais c'est beau. C'est envoyé. Et pour boucler la boucle, ils sont quand même d'excellents musiciens. Ils nous balancent de ces solos. Tous (oui petite sœur, même la cuivraille à coulisse), de ces solos, vous dis-je !
Perle supplémentaire sur le gâteau : les titres qu'ils ont trouvés pour leurs morceaux. Là encore, j'adore. « Les Bonimenteurs du cauchemar ». « Splendeur et Mort ». « La Procession des Illuminés ». « Tu es belle et tu sens bons ». « Une de perdue, une de perdue ». « Poursuivi par des éléphants géants ». « Motorspycho Blues ». « Des lits avec des jambes ». « C'est l'Illyrie madame ! » Aaaaaah ! C'est bon. Des titres pleins d'images, comme la musique qu'ils désignent.
Un mot pour qualifier le Sacre du Tympan ? Jubilatoire !
PS : Oui, je sais, cette critique est bourrée de private joke. M'en fous.
10:34 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : sacre du tympan, jazz, big band, musique, fred, pallem
23 février 2008
Saxo !
J'ai ajouté une galerie de photo. Des photos de mon copain saxo.
Mais bon, le mieux c'est encore de l'écouter, alors tant que j'y suis, quelques sites de saxophonistes : Maceo Parker, Steve Coleman [en], Joshua Redman [en].
Et quelques vidéos de mes chouchou qui sont trop morts pour faire un blog ou un myspace...
Pour commencer, celui qui m'a appris à aimer mon instrument :
Le même avec Dieu :
John Coltrane & Stan Getz - Rifftide
Parce que Dieu est double (voir triple...) :
Charlie Parker & Dizzy Gillespie (la musique commence à 50s)
Et un dernier pour la route. Le premier monstre du sax :
Sidney Bechet - Saint Louis Blues
16:00 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : coltrane, getz, stan, maceo, parker, musique, jazz


