06.06.2008

Quand le pétrole s'en va...

img_Blog_060705_petrole.jpgPêcheurs en grève. Routiers en grève. Agriculteurs en grève. Taxis en grève. Ambulanciers en grève. Tout ça pourquoi ? Pour une seule et même raison : le pétrole. Le pétrole qui flambe. Qu’est ce qu’ils veulent les bougres ? Que l’Etat leur assure le carburant moins cher. Histoire de continuer à gagner de l’argent quand ils travaillent. On les comprend. Mais le problème est bien plus large que ça. Le pétrole cher ça pourrait bien ne pas s’arrêter de si tôt. Voire ne pas s’arrêter du tout. D’où vient ce prix ? On parle de spéculation. C’est vrai que depuis l’éclatement de la bulle sur l’immobilier américain, les spéculateurs en tout genre sont revenus aux bons vieux profits sur les matières premières. Avec les conséquences qu’on sait sur les prix de l’alimentaire mondial. Et les matières premières, c’est aussi le pétrole. Sauf que l’effet de la spéculation sur le prix du baril, pour réel qu’il soit, ne serait bien que l’écume sur la vague. D’autres causes bien plus profondes sont aussi bien plus inquiétantes pour l’avenir, au moins économique, de la planète. La principale, c’est sûrement que la consommation n’a jamais été aussi élevée. Surtout avec le développement à réaction de la Chine et de l’Inde. Et puis, les pays producteurs ont appris depuis quelques décennies à ne plus se laisser pomper par les compagnies européennes et américaines. S’ajoute une autre cause, qui ne joue peut-être pas encore vraiment, mais qui sera réellement problématique dans les années à venir : la pénurie. Ben oui, le pétrole c’est pas comme l’or de Midas. Quand y en a plus, y en a plus.

Mais prend-on vraiment conscience du bouleversement que représentera la hausse continue des prix du pétrole puis la pénurie ? Les conséquences économiques et sociales seront énormes. Car aujourd’hui, TOUT repose sur le pétrole. Prenons l’exemple de l’alimentaire. La plus grande partie de ce qu’on bouffe est issu d’une agriculture productiviste. C'est-à-dire qui produit sur d’énormes surfaces exploitées grâce à des machines qui fonctionnent…au pétrole. Qui nourrit ses cultures avec des produits qui contiennent… du pétrole. Qui nécessite, pour rejoindre les centres urbains de consommation, des transports roulant… au pétrole. Et on va acheter tout ça au supermarché… avec du pétrole. Les prix de l’alimentation risquent donc bien d’exploser d’une telle façon que la famine, on la connaîtra aussi. De manière générale, nous sommes dans une économie mondialisée qui regroupe des nations spécialisées et interdépendantes. Ce système est viable tant que les coûts de transport sont minimes… Et tout cela sans compter l’effet kiss cool du pétrole à tout crin, le réchauffement et autres désastres environnementaux, qui nous rappellera un jour qu’à trop jouer les apprentis sorciers c’est peut-être à notre fin biologique que nous courrons.

En gros, je pense que nous sommes à l’aube d’une période très difficile, très compliquée. Une période où il faudra repenser tout l’ordre économique du monde en cherchant à limiter au maximum les conséquences sociales. Si on laisse faire la jolie technique du libéralisme économique ? Oh oui, les « anomalies » seront corrigées. Mais en combien de décennies ? Pour quel coût humain ? Non, il faudra repenser des solutions plus ou moins dirigistes, concertées, volontaristes, pour rendre possible une transition vers une économie en partie relocalisée. En agriculture comme en industrie. Et il faut être honnête, oser affirmer que la société de surconsommation on devra l’oublier. Finis les cadeaux bonux en plastique. Ben oui, le plastique c’est du pétrole aussi, et puis c’est fabriqué en Chine tout ça, transporté à coup de pétrole. Décroissance ? Si ça continue, nous n’aurons pas le choix.

Alors voilà. Une volonté qu’il nous faut. Pour reconvertir des activités condamnées (comme la pêche telle qu’on la pratique aujourd’hui par exemple), pour soutenir ceux qui n’arriveront pas à s’adapter, pour pousser la recherche. Il faut le dire, l’assumer et proposer une vision. Tout ça nécessite évidemment une réflexion de long terme et une intervention publique (donc il faudra s’atteler à repenser la fiscalité, ça pourrait bien être nécessaire…). Volonté, vision, honnêteté. Peut-on en attendre autant de notre gouvernement ? Il est clair que non. Y-a-t-il quelqu’un au PS capable d’assumer une telle position ? J’ai peur de la réponse.

 

Pessimiste ? On verra…

 

 

25.05.2008

La diplomatie, c'est parler avec ses ennemis

220px-Hubert_Vedrine_2006_01_06.jpgHubert Védrine "chattait" sur lemonde.fr sur le sujet du Hamas. Entendre un homme politique français qui dit pas des conneries sur le sujet des affaires étrangères, ça fait plaisir. Il ne dit rien d'essentiel, mais ça fait du bien de le rappeler des temps en temps.

 

Pour commencer, la "communauté internationale", comme disent nos journaleux, "ce sont en général les Occidentaux et les Israéliens". Et l'ancien ministre de Yoyo de rappeler "qu'il y a dans le monde environ cinq milliards de gens qui ne sont pas occidentaux et qui contestent de plus en plus, on le voit avec les pays émergents, le droit aux Occidentaux de parler au nom du monde entier". Mise au point malheureusement nécessaire.

 

Sur la Hamas, la classification "terroriste", imposée par les USA, tout comme les conditions préalables à toute négociation, elles "ont [...] été inventées pour qu'aucun dialogue ne puisse se nouer". Et malgré ses indéniables positions extrémistes, il a remporté les élections. Et, "c'est tout à fait incohérent de la part des Occidentaux d'exiger des Palestiniens des élections libres et incontestables, ce qu'ils ont fait, et de décréter ensuite un blocus, un peu comme au Moyen Age, sous prétexte que les Palestiniens n'ont pas voté comme il faut".

 

"Il faut rappeler que la diplomatie a été inventée à l'aube de l'histoire pour traiter les problèmes autrement que par la guerre. La diplomatie ne consiste pas à se réunir avec des amis dont on partage les valeurs et à se congratuler, la diplomatie peut consister à parler avec des dirigeants ou des régimes qu'on estime horribles et dont on rejette catégoriquement toutes les valeurs, et il en a toujours été ainsi." Et donc "il faut se libérer de cette vision régressive que nous a imposée l'administration Bush, selon laquelle on ne parle pas à ses ennemis." Cela vaut pour le Hezbollah, l'Iran... 

 

Rien de révolutionnaire, bien sûr. Mais à l'entendre, j'aimerais qu'il soit resté dans le siège qu'occupe désormais Nanard Kouchner ! 

24.05.2008

Encore une interview de Benoît Hamon

380180127.jpgComme je l'ai déjà expliqué ici, j'entend débattre d'idées plutôt que de personnes dans la discussion au sein du PS. Je ne veux donc être le fervent supporter ni de l'un, ni de l'autre de nos plus-ou-moins-futurs-candidats.

Mais quand j'écoute cette interview de Benoît Hamon, dont je parlais déjà ici il y a quelques mois... je ne peux pas m'emêcher d'aquiescer, d'être séduit. Sauf son histoire de fond souverain où j'ai pas tout compris.

 

 

 

 

 

13.05.2008

Limiter les salaires ?

que_les_gros_salaires_1982.jpgLimiter les salaires. Vraiment, pas qu'un peu. Voilà une proposition qui peut paraître déplacée quand on ne parle que d'augmenter le pouvoir d'achat. Pourtant ce n'est peut-être qu'une manière radicale de poser le problème des inégalités de revenus. C'est en tout cas une idée qui me semble très rarement débattue. Je ne l'ai vue posée qu'une fois : dans le numéro de février de la Décroissance (débat entre Besancenot, Geneviève Adam d'ATTAC et Pierre Khalfa de Solidaires). C'est d'ailleurs en le refeuilletant que m'est venue l'idée de ce billet.
 
 
Quels seraient les avantages d'une limitation des salaires ? Ou plutôt d'une limitation des revenus, les revenus du patrimoine étant plus élevés que les revenus des salaires chez les plus riches.
 
Un avantage social d'abord : à une richesse donnée, l'existence de très haut revenus n'est possible que parce que d'autres sont ridicules. Décider d'une telle mesure s'accompagne donc d'un salaire minimum supérieur à l'actuel SMIC (voire un revenu minimum garanti bien supérieur au SMIC) Limiter les revenus pose la question de la méthode et de la destination des sommes dégagés. Si c'est par l'impôt qu'on créé cette limitation, voilà qui peut entraîner des ressources permettant de développer vraiment des services publics efficaces et gratuits. Par exemple. Une telle mesure me semble également pouvoir se conjuguer avec une diminution du temps de travail.
 
Avantage écologique peut-être. C'est notre mode de consommation qui est en cause face à la crise écologique. Limiter les revenus, c'est limiter les comportements excessifs d'une infime minorité. C'est surtout limiter les comportements d'une part de la population, conséquente cette fois, qu'on fait rêver avec les frasques de cette infime minorité. Et qui, par mimétisme, consomme des ersatz de luxes, encore plus mauvais écologiquement.
 
Un élément philosophique me semble également fondamental. On parle d'égalité, même à droite avec "l'égalité des chances", on parle d'individus, on parle de mérite, de "valeur travail". Y aurait-il des individus qui "valent" 10, 50, 100 fois d'autres individus ; des individus dont le travail mérite une récompense 10, 50, 100 fois supérieure à celle d'un autre ? Bernard Arnault a gagné 27 000 années de SMIC en 2006. 27 000. Comment peut-on justifier ça ?
Dans le même registre, ce serait finalement diminuer l'emprise du marché sur les conditions d'existences des êtres humains : on ne fixerait plus la valeur d'un être humain uniquement à la faveur de l'offre et la demande...
 
 
Alors évidemment je suis conscient que d'importantes limites s'opposent à une telle mesure. Je ne suis d'ailleurs pas convaincu qu'elle soit désirable, je reste à persuader, dans un sens comme dans l'autre. Par quelle méthode : limite stricte, impôt énorme au dessus d'un seuil... ? Comment définir ce seuil ? Je me doute aussi que notre chère Union Européenne ne nous le permettrait pas... ce qui ne me semble pas empêcher le débat. En gros, je n'ai aucune idée de la manière dont on peut caler économiquement une telle idée... mais elle me semble être une piste intéressante de discussion.

10.05.2008

Cotiser 41 ans, "there is no alternative ?"

bertrand.jpgVoilà. Xavier Bertrand l'a dit et l'impose (il négocie mais annonce déjà le mot de la fin...), il faudra désormais avoir cotisé 41 ans pour obtenir une retraite à pension complète. Un argument de bon sens semble présider à un telle évolution : l'espérance de vie ne cesse de s'allonger, alors pourquoi ne pas travailler plus longtemps ? Revient aussi l'éternelle comparaison avec nos voisins : si d'autres pays l'ont fait, pourquoi se priver de ce progrès ? Et enfin, l'incontournable depuis Margaret Thatcher : il n'y a pas d'autre solution, "there is no alternative". Vraiment ?

 

D'abord, il faut souligner les limites d'une telle évolution. En effet, telle que tourne aujourd'hui la société française, le passage à 41 ans risque surtout d'être une baisse des pensions. D'une part parce que, les études s'allongeant, on entre de plus en plus tard sur le marché du travail ; d'autre part, et surtout, parce que le taux "d'emploi des seniors" n'est aujourd'hui que de 38%, quand bien même l'âge légal de départ à la retraite est de 60 ans, après 40 années de cotisation. Ce qui signifie qu'il y a déjà aujourd'hui un nombre considérable de travailleurs qui atteindront la retraite sans pension complète. Avec l'évolution voulue par Xavier Bertrand, ils seront plus nombreux et leurs pensions seront moins complètes. Evidemment, le ministre n'oublie pas de dire que faire évoluer cette situation est une de ses priorités. Reste qu'il n'explique pas vraiment comment il le fera, et qu'en l'état actuel des choses, sa réforme sera avant tout celle d'une baisse des pensions. N'aurait-il pas d'abord dû faire augmenter le travail des seniors avant d'allonger la durée de cotisation ?

Autre point : cet allongement "brut" à 41 ans ne prend pas en compte une donnée essentielle : l'influence de la pénibilité de l'emploi sur l'espérance de vie. Aujourd'hui l'espérance de vie d'un ouvrier est, de mémoire, d'environ 10 ans plus courte que celle d'un cadre. Si on prend l'argument principal de notre ministre - on vit plus longtemps alors travaillons plus longtemps - l'ouvrier devrait cotiser quelques années de moins que son supérieur.

Un dernier argument, moins concret, plus philosophique peut également s'opposer à cet allongement. Le progrès scientifique avance depuis des siècles dans le sens d'une augmentation de la productivité. N'est-il pas alors concevable de vouloir profiter de nos vies plus longues pour travailler proportionnellement moins tout en produisant plus ? Surtout que l'urgence écologique devrait nous rappeler l'absurdité de toujours vouloir produire plus.

 

Bien. Mais si malgré tous ces défauts, allonger la durée de cotisation est la seule solution pour sauvegarder notre régime de retraite par répartition, comment s'y opposer ? There is no alternative ? Il semble pourtant que oui, d'autres solutions existent, qui font que cette réforme n'est pas LA solution. Pour atteindre l'équilibre, le système des retraites peut donc augmenter la durée de cotisation, on vient d'en voir les inconvénients, augmenter le taux de cotisation, avec des répercussions sur les salaires et sur l'emploi, ou diversifier les sources de revenus. Dans cette dernière optique je voudrais signaler plusieurs pistes.

Une piste régulièrement évoquée est celle proposée par l'éternel gauchiste qu'est Philippe Seguin, premier président de la Cour des Comptes. Il a en effet pondu un rapport dans lequel il estime qu'en taxant les revenus autres que les salaires, et notamment les stock-options, on pourrait en tirer 6 milliards d'euros.

De son côté, Benoît Hamon propose ce qu'il appelle une "cotisation sur la valeur ajoutée". Principe relativement simple : plutôt que de faire payer les cotisations patronales en fonction du nombre de salariés (ce qui encourage par exemple à remplacer des emplois par des machines), il s'agirait de les calculer en fonction des bénéfices de l'entreprise.

Il existe encore près de 30 milliards d'euros d'exonération de cotisation sociale en faveur des employeurs. Certaines ont des effets bénéfiques sur l'emploi ou autre. D'autres moins. Faisons-en un inventaire exhaustif pour évaluer celles qui n'ont sont pas réellement utiles... et supprimons les.

Dernière piste que je soumet pour l'instant : les Français ont placé en gros 1000 milliards d'euros en assurance-vie. 1000 milliards. On en déplace 1% vers les retraites, ça fait 10 milliards... en combinant avec les pistes proposées au dessus, c'est bien plus que ce qu'il faut.

 

Bref. Dans l'absolu, je ne suis pas encore fixé sur l'idée de savoir si l'allongement de la vie doit se traduire par un allongement du travail. Même si je suis sensible à l'idée qu'on n'est pas sur terre que pour travailler. Mais ce qui est certain, c'est qu'une telle réforme ne devrait pas avoir lieu avant qu'on ait réglé la question du chômage des seniors et elle ne doit pas être conçue de manière uniforme, sans prendre en compte la diversité des situations. Et avant d'en arriver là, je crois qu'il y a un certain nombres de pistes à exploiter. J'en ai cité quelques unes, il y en a sûrement d'autres... Il n'y a pas UNE solution miracle, mais plusieurs ressources à exploiter conjointement.

 

10.03.2008

Faut-il augmenter le pouvoir d'achat ?

picsou-or.jpgSi vous vivez sur une autre planète, vous n'avez peut-être jamais entendu parler de pouvoir d'achat. Et encore. Depuis un sacré paquet de mois, c'est un putain de consensus : il faut augmenter le pouvoir d'achat. De la LCR au FN en passant par le PS et l'UMP. Il faut augmenter le pouvoir d'achat. Moi j'aime pas les consensus, j'aime bien les débats et là, j'aime pas l'expression. Pouvoir d'achat ? On m'avait parlé de droits, de liberté, d'égalité, de répartition, de solidarité. Mais non, aujourd'hui, le plus important serait de pouvoir acheter toujours plus. Comme vous n'avez pas pu le rater, on vit déjà dans une société de surconsommation : le kiff de la mort c'est 4x4, écran plasma et iPhone. Si le pouvoir d'achat c'est plus de 4x4, plus d'écran plasma, plus d'iPhone... écoutez Ushuaïa-man, c'est sûr que nos enfants n'auront pas de planète. Surtout quand quelques milliards de chinois ou d'indiens voudront aussi gagner du pouvoir d'achat. Je caricature (un peu), revenons en aux bases. Voilà comment Wikipédia définit (pas trop mal) le pouvoir d'achat en termes économiques : "En économie, le pouvoir d'achat d'un revenu donné est la capacité d'achat en termes de biens et services que permet ce revenu. En particulier, le pouvoir d'achat d’un ménage est la capacité d’achat que lui permet l’intégralité de ses revenus.". Dans la population, on a plusieurs cas de figures. Des classes populaires qui ont réellement du mal à boucler les fins de mois. C'est-à-dire qui ont du mal à payer le minimum vital, logement, alimentation, éventuellement soins non couverts... Pour ceux là, il faut réellement faire quelque chose, surtout avec les prix qu'ont atteint l'immobilier et la hausse que connaissent certaines denrées essentielles. A l'opposé, on a des gros riches. Ceux là, on s'en fiche un peu de leurs soucis de pouvoir d'achat... ils n'en n'ont pas ! Entre les deux, on a le ventre mou des classes moyennes. Ceux-là arrivent peu ou prou à manger comme il faut, à se loger. Mais parfois, ils doivent pour cela rogner sur l'envie de consommation que leur ingurgite le "modèle de société" que créé, entre autres, la publicité. Si on est de droite ça ne plait pas, forcément. On a travaillé plus, on a mérité de consommer plus. Mais que la gauche s'engouffre sans la moindre réflexion, y compris la gauche extrême, dans ce débat me trouble un peu plus. Il me semble qu'elle devrait poser la question avant tout en terme de redistribution. Pas de débat. J'ai pourtant l'impression qu'on est face à un réel un choix de société, dans un débat qui recoupe finalement celui de l'urgence écologique. Et en même temps que tout le monde est d'accord pour sauver le monde de la catastrophe écologique, tout le monde, sauf les "objecteurs de croissance", est d'accord pour sauver la consommation et surtout l'augmenter. Personne ne relève la contradiction. Ce rush sur la question du pouvoir d'achat permet au PS de gagner des points politiquement. Mais il lui évite aussi de se poser la question qui devrait, à mon humble avis, être la question centrale de sa rénovation : comment répartir les richesses dans un monde fini ? Je n'ai pas la réponse. Mais si je suis sûr d'une chose, c'est que cette réponse n'est pas l'augmentation du pouvoir d'achat. La décroissance n'est peut-être pas la solution, mais si nous refusons d'en arriver là, il faudra très vite trouver comment mieux consommer, et finalement comment, globalement, moins consommer. Tout en corrigeant quelques menues inégalités sociales. Tayaut !

07.03.2008

Benoît Hamon

Une interview intéressante de Benoît Hamon. J'en retiens quelques petites choses : 1683373128.jpg Il rejette l'analyse simpliste habituelle de la défaite de 2007 et "ne pense pas que la défaite soit due à un complot des éléphants, même s’ils traînaient un peu des pieds, ou par les lacunes de la candidate". Pour lui,"le candidat de droite a fondé sa victoire sur la question sociale. La gauche perd sur la question sociale dans un contexte de forte demande sociale. Insensé !" C'est la "Travailler plus pour gagner plus" qui a fait la victoire de Sarkozy, avec un gauche incapable de l'emporter sur ce qui devrait être sa première préoccupation, la question sociale. Il parle ainsi de la "conversion de la gauche à la doctrine sociale de la droite" (donnant-donnant, dénonciation de l'assistanat...). D'où vient cette conversion ? De "la crise du modèle social", qui découle elle-même du "le choix de la construction européenne [qui] encourage à la baisse des recettes fiscales" et "à la réduction du déficit". Cette conversion, Benoît Hamon la rejette. Pour lutter contre, il veut combattre "tous les diagnostics fainéants à partir desquels on justifie ce consensus sur les questions économique et sociale". Viens ensuite une dénonciation classiquement socialiste des premiers mois de Sarkozy qui visent à "casser le système social français" pour augmenter "la rentabilité du capital d’investissement", "la droite s’est elle-même droitisée". Comment lutter ? Il cherche à "refaire de la confrontation et redonner forme aux clivages" insistant sur un nécessaire "travail pédagogique" sur "l’ampleur des instruments de redistribution et notamment la vocation qu’on donne à l’impôt" Rien de vraiment nouveau de cette analyse, mais ça fait au moins un socialiste de gauche. S'il n'y a qu'une chose à retenir de cette interview, c'est le dernier point que je soulève, l'importance de l'impôt.

04.03.2008

Ca chauffe aux frontières colombienne

Il parait que ça chauffe aux frontières colombiennes. Qu'est ce qui se passe alors ?

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Tout a commencé par l'assassinat du commandant Raul Reyes, porte-parole et "ministre des affaires étrangères" des FARC. Pour commencer, qui est ce Reyes ? Maurice Lemoine, redac' chef du Diplo l'explique sur le blog du mensuel. "Raúl Reyes appartenait au secrétariat des FARC, l’instance dirigeante", il était en contact "avec les journalistes et les émissaires négociant la libération des « prisonniers politiques » et des otages de la guérilla" et donc à ce titre, "le plus exposé". Bref, c'était le négociateur des FARC, celui qui était en discussion, notamment avec Sarkozy, sur la dossier Betancourt. Lemoine résume l'objectif de ce meurtre :
"Plus qu’une victoire militaire — Reyes était un cadre politique —, il s’agit là d’un coup très dur porté aux tentatives menées pour résoudre la question de l’échange humanitaire — prisonniers des FARC contre guérilleros — demandé depuis des années par les FARC, les familles des otages, dont celle de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, et de nombreux représentants de la communauté internationale (parmi lesquels le président français Nicolas Sarkozy). Là était l’objectif de cette action."
Et cela intervient à un moment où la négociation entre Chavez et les FARC ont démontré qu'il était possible d'obtenir une avancée vers des libérations d'otages. Ce qu'Uribe a toujours tenté de faire apparaître comme impossible. Cet événement est de mauvais augure pour la suite des libérations d'otages. Deuxième souci avec l'assassinat de Reyes, c'est qu'il n'a pas eu lieu en Colombie, mais en Equateur. Une "bombe intelligente" suivie d'un commando héliporté. Du coup, crise diplomatique : Rafael Correa, le président équatorien trouve que quand même, là, y a du viol de souveraineté dans l'air. Sans compter que de l'autre côté de la Colombie, on est chez son pote Chavez. Dont on peut difficilement nier la grande gueule et vanter la délicatesse. L'Equateur et le Venezuela ont rompu les relations diplomatiques avec la Colombie, ont fermé leurs frontières... et déménagé des troupes vers la frontière. Chavez justifie ainsi cette action : cet assassinat serait un "acte de guerre et d'irrespect violant la souveraineté de l'Equateur". Et il ajoute, s'adressant à Uribe, "réfléchissez et bien, ne vous avisez pas à faire de même sur ces terres, car ce serait un casus belli, un cas de guerre". Pour l'instant, Uribe, ne déploie pas l'armée. C'est déjà ça. Mais verbalement, il y va fort : il accuse Chavez de "parrainage et financement de génocide" et prétend avoir des preuves qu'il a vendu 50 kg d'uranium aux marxistes à machettes. Deux remarques : j'aimerais qu'on arrête de parler de génocide dans tous les sens, c'est pas n'importe quoi un génocide. Et surtout, n'oublions pas les preuves américaines de l'existence des ADM irakiennes... Ca chauffe donc. A suivre.

27.02.2008

Droite décomplex' forever

Lu sur le monde :

Xavier Darcos : . "Il y a aujourd'hui un effort à faire pour que la nation respecte son président et je trouve qu'une partie de la gauche se met à utiliser le registre lepéniste"

 Si c'est pas de la campagne de caniveau... 

 

(voir mon billet précédent pour les perles de Morano et Jego) 

26.02.2008

Droite décomplex'

Lu dans Libé :

" Les réactions à droite font apparaître la manœuvre présidentielle [sa réaction face à la censure partielle par le Conseil Constitutionnel de la loi sur la rétention de sûreté, ndlr] pour ce qu’elle est : la relance d’une bonne vieille polémique sur l’insécurité à l’approche des municipales, tactique qui a réussi dans le passé. Adieu finesse, sonnez clairons. Nadine Morano, porte-parole de l’UMP : «Je laisse le soin aux Français de juger le PS qui se met clairement du côté des assassins Son alter ego Yves Jego : «Contrairement au PS, nous ne voulons pas que des prédateurs sexuels soient dans les rues et menacent nos enfants Roger Karoutchi, secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement, s’en prend à «l’irresponsabilité totale de la gauche» et à son «goût morbide pour la polémique». "

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Moi j'dis, la droite décomplexée, ça claque ! 

 

(désolé pour Bigard m'sieur, je recommencerais plus..)