14 décembre 2008

Pourquoi j'ai quitté le PS

Comme je l'ai dit dans ma dernière note, j'ai quitté le PS. J'ai envoyé un mail au secrétaire de la section hérouvillaise pour lui expliquer mon choix. Comme c'est un peu plus détaillé, mieux présenté, je la reproduit ici.

 

Je quitte le Parti Socialiste. Mon passage aura été de courte durée. Pourquoi être venu ? Pourquoi repartir ?

J'avais fait le choix du PS pour plusieurs raisons. D'abord par défaut. Parce que, pour répondre à mes convictions et mon envie d'action, il ne me semblait pas y avoir d'autre lieu existant en France. A côté d'une gauche balkanisée, je pensais que la seule possibilité était d'essayer de renforcer le PS tout en le « gauchisant ». C'est aussi la deuxième raison qui m'a fait adhérer à ce moment. Deux jours avant la date limite pour participer au Congrès de Reims. J'espérais qu'il serait possible de réorienter la ligne idéologique du PS, c'est pourquoi j'avais de l'enthousiasme à soutenir la motion « Un monde d'avance ». Enfin, la vivacité, l'intelligence et la richesse que j'avais côtoyés dans la campagne municipale à Hérouville-Saint-Clair me laissait voir, localement, un manière séduisante de faire de la politique. Bref, je venais avec une envie d'agir, mais sans illusion par rapport au PS lui-même.

Aujourd'hui, je m'en vais. Pour la gauche balkanisée, les choses ne se sont par arrangées, mais j'ai cessé de croire que l'alternative sociale pourrait venir du PS. Revenir au pouvoir, il le peut sûrement... mais pour en faire quoi ? Je n'y crois plus. Et le Congrès a participé à désenchanter ce qui pouvait encore l'être. Le faible score de la motion de Benoît Hamon d'abord. L'unité me laissait espérer, en vain, un bien meilleur score. L'attitude irresponsable, ridicule, égocentrique de nombre des dirigeants nationaux ensuite, surtout après le résultat serré entre Martine Aubry et Ségolène Royal. Militer, distribuer des tracts... pour faire élire ces gens-là ? Très peu pour moi ! Et je sais aussi qu'un des points où je diverge fondamentalement avec la position majoritaire de ce parti, c'est la question européenne. Et la prochaine campagne, c'est justement celle des européennes. Le PSE, avec le soutien d'enthousiaste de la nouvelle première secrétaire, vient d'adopter un programme pour ces élections. On ne peut pas faire plus hypocrite : prétendre rompre avec la direction actuelle de l'Union pour faire une Europe démocratique et sociale en décidant de ne pas présenter de candidat contre le président sortant de la commission, Barroso, c'est nous prendre pour des cons ! Enfin, quant à l'action de la section locale, la déception fut également de taille. Sûrement la campagne fut-elle éprouvante, sûrement la défaite fut-elle choquante. N'empêche qu'on ne fait rien. Moi pas plus que les autres, j'en suis bien conscient. Discussions ronronnantes en réunion de section, distribution de tract. Et c'est à peu près tout. Ne pourrait-on pas attendre plus d'ambition de la part d'une section qui compte plusieurs dizaines de militants, peut-être une bonne centaine ? Si au moins on avait su donner naissance à l'association dont nous parlions après la campagne, qui devait unir les forces de la gauche hérouvillaise pour mener des actions conjointes. Même pas. Je n'accuse personne en particulier ici. C'est le fonctionnement du groupe qui est en cause.

Ce n'est pas un choix si facile à faire. En quelques mois avec vous, j'ai eu le temps d'apprendre à apprécier un certain nombre de camarades. Nous avons discuté, débattu, critique, espéré ensemble, ri ensemble. Mais je ne me sens plus à ma place au Parti Socialiste. Alors je rend ma carte. Je reste néanmoins prêt à agir avec vous sur certaines campagnes. Je pense notamment aux combats qui suivront les européennes. Il faudra toutes les énergies pour battre Thomas, aux municipales comme, peut-être, aux cantonales. Et si, par miracle, une association transpartisane voyait finalement le jour pour unir la gauche hérouvillaise, j'en serais. Je me réjouis quand même de ta désignation comme secrétaire de section et de celle de Damien à la fédération. Peut-être sauras-tu faire mentir mon jugement sur la mollesse de la section socialiste ! Je te souhaite beaucoup de courage pour le travail qui t'attend. Je ne te demande qu'une chose : salues les camarades de ma part, et notamment ceux qui ont soutenu la motion C, et expliques-leur ma décision.

02 décembre 2008

C'est fini !

Je n'y crois plus. Si tant est que j'y ai cru. Le PS se passera de moi.

Il y a quelques jours, j'écrivais ceci :

Ce congrès m'amène donc à me poser des questions sur mon engagement. Pourquoi suis-je au PS ? J'y étais venu un peu par défaut, parce que, aujourd'hui, le PS est la seule organisation capable de peser dans la sphère politique. De ce point de vue là, l'évolution de l'autre gauche m'ouvre peu de perspectives immédiates. J'ai bien signé l'appel de Politis, mais sans vraiment y croire. Je voulais aussi participer à ce congrès, dans l'espoir que le PS se "gauchise". C'était vain, on vient de le voir. Enfin, c'était aussi pour moi un engagement local, dans une ville de gauche où règne un maire de droite. C'est là peut-être que je suis le plus déçu.

Rien de concret, rien d'ambitieux. Après la défaite assez inattendue de la liste d'union de la gauche, nous parlions de créer une association regroupant les différentes forces de la gauche locale, pour permettre à des citoyens non encartés de militer à nos côtés sans s'engager dans un parti, pour rester en contact permanent. Rien n'a été fait. Et le PS, première force d'opposition, pourtant forte d'une bonne centaine de militants, ne fait rien. Nous ne faisons rien d'ambitieux. Tout le monde était d'accord sur la nécessité de publier un papier régulier. Pourtant, au dernier comité de rédaction, nous n'étions que trois. Et à part ça, il n'y a que réunions de sections et quelques coups de fils ou mail pour venir chercher les tracts à distribuer. On n'organise aucun moment de débat ou d'information dans la ville. D'ailleurs, c'est à peine si on débat en section ! La campagne aurait pourtant pu nous montrer ce qu'était une activité politique présente et ambitieuse... Je ne vise personne en disant ça, c'est l'organisation qui est molle, et moi-même je n'ai pas pris la parole pour réclamer qu'on travaille plus. Je constate seulement.

Bref, je me pose donc toujours la question de mon engagement. Ai-je fait le bon choix en rejoignant le PS ? Et dois-je y rester ? La question est pour moi bien ouverte. Je ne suis pas sûr d'être ici à ma place. Il est à peu près certain que s'il existait une réelle dynamique unitaire à gauche du PS, je me lancerai dans l'aventure. J'en reparlerai plus tard. Il n'y a rien, donc je ne sais pas quoi faire. Finalement, c'est assez simple !

 

Effectivement, c'est simple. Rien ne me retient. Je m'en vais, vers d'autres horizons politiques, plus incertains. Participer à d'autres choses, d'autres tentatives, tenter de m'impliquer dans l'effort de configuration de la "gauche de gauche". Et je repose à plat, remet en question quelques menues certitudes assoupies au fond de mon esprit.

 

Bref, je vais de nouveau théoriser en rond sur ce blog ! M'en fout, c'est pour ça qu'il est là !

13 novembre 2008

C'est quoi un congrès socialiste ?

Pour comprendre le fonctionnement d'un congrès socialiste, Olivier Duhamel fait sa leçon sur France Culture :

podcast

03 novembre 2008

Former les militants

Comme tous les militants socialistes, j'ai reçu la semaine dernière le rapport d'activité du PS dans ma boîte. Comme (presque) tous les militants socialistes, je ne l'ai pas lu. Sauf la partie concernant l'activité de formation, placée sous la tutelle d'Henri Weber. J'avoue que c'est assez déprimant. Derrière l'enrobage, on voit le vide de l'action du PS sur cette question. Ce que semble confirmer Julien Dray dans l'entretien qu'il a passé avec quelques blogueurs (voir la liste des billets qui en ont résulté chez Nicolas J.). Hervé Nowak écrit : "Il nous explique que la formation populaire doit être replacée au cœur des préoccupations, il est lassant de voir évoluer une classe politique élitiste qui confisque le savoir, car au fond, que serait l’humanité sans cette transmission du savoir."

Pourquoi je m'intéresse à cette question ? Parce qu'elle me semble d'être d'une importance non négligeable et pourtant négligée dans la lutte des socialistes contre un ordre social inégalitaire. Elle est d'ailleurs au centre de mes recherches de master 1 (je travaille sur la formation des militants du PCF dans la période de la guerre froide, j'y reviendrais peut-être un de ces jours). J'aimerais revenir sur deux points qui me semblent plaider dans le sens de l'affirmation de Dray.

 

J'écrivais ceci il y a quelques mois (dans un article repis par Libération, quand même !) :

Le deuxième axe [en parallèle du travail de réflexion idéologique] de ce qui devrait être l’action du Parti Socialiste est donc le travail de popularisation des valeurs, des thèmes et in fine des solutions des socialistes. Travail qui devrait être bien plus ambitieux, bien plus profond qu’une simple campagne électorale, essentiellement télévisée. Car comme je le disais plus haut, pour espérer avoir les moyens de mettre en place une politique socialiste, il faut vraiment convaincre la population. C’est donc sur le terrain idéologique que la propagande (acceptons le mot dans sa définition non totalitaire : travail de communication en vue de convaincre sur un terrain politique) doit jouer. On sait tous que la télévision, et la plupart de médias de manière générale, se prêtent mal à de longs débats ou argumentaires. Je pense que pour convaincre il faut réellement aller vers les gens. C’est d’un travail de terrain que pourra émerger une France socialiste. Comment faire ? Là encore, je n’ai pas de réponse toute faite. Le PS est lié à un grand nombre d’associations de terrain, il y a sûrement quelque chose à faire de ce réseau. Ensuite, il faut utiliser au mieux le réseau des militants. Pour organiser des diffusions de tracts, des journaux locaux (qui traitent à la fois des enjeux locaux et nationaux)… Et surtout organiser des réunions, dans les entreprises, dans les quartiers pour (re)créer un lien avec les couches populaires (ah, que je n’aime pas cette expression !) et le Parti. Ce qui nécessite de revaloriser la place des militants dans le Parti. Bref, il faut faire du PS un parti de militants et non de notables. Et peut-être un jour un parti de masse. C’est par un tel travail de longue haleine, en ressassant parfois certains thèmes, en convaincant pied par pied qu’on construira quelque chose de durable. Renforcer le lien entre le Parti et le peuple passe aussi par une meilleure écoute qui fasse remonter les revendications populaires jusqu’aux débats idéologiques, une écoute qui soit aussi une forme de conseil aux personnes en situation difficile (comme parfois les syndicats au sein de entreprises) et donc une écoute créatrice de confiance

 

Premier point. La formation des militants doit être un des éléments centraux pour répondre à cet objectif. D'abord pour convaincre les militants socialistes (et pourquoi pas les écouter ?). Ensuite pour leur donner de réels outils politiques pour débattre, argumenter, convaincre.  Au quotidien comme dans des réunions publiques, par la rédaction de papiers locaux ou tout autre action militante. Parce que seuls les militants pourront remplir cette tâche de construire une France socialiste. Ce travail de formation ne doit donc pas seulement concerner les cadres du parti, mais être proposé à tous les militants, à l'échelle de la section si c'est possible, en regroupant plusieurs sections sinon. Déjà le cadre fédéral me paraît trop large et trop centralisé pour être pertinent. Nous prônons la décentralisation, appliquons la. Et alors, les convictions transmises aux militants par ces formations feront tâche d'huile.

 

Deuxième point. Sans faire preuve d'un ouvriérisme comparable à celui du PCF il y a quelques années, j'assigne aussi à ce travail de formation un objectif social. Celui de permettre à d'autres que des énarques, des universitaires, des prof, des médecins, de prendre des reponsabilités dans le parti. Ou d'exercer des mandats locaux ou nationaux. Ne nous leurrons pas, une rapide analyse sociologique des élus , des candidats et même des cadres socialistes suffirait, j'en suis persuadé, à convaincre qu'entre nos discours et nos actes, il y a un fossé à combler. Il faut donc construire une offre éducative qui soit pertinente pour des gens qui n'ont pas pu, ou n'ont pas voulu quand c'était possible, poursuivre des études supérieures, voire secondaires (au moins le lycée). Avec tous les reproches qu'on peut légitimement lui faire, le système éducatif mis en place par le PCF avait au moins cette qualité à mes yeux essentiels : elle a permis à des ouvriers de passer de l'usine aux mairies, conseils généraux, et même à l'Assemble Nationale, au Sénat et jusqu'à quelques ministères. Des gens qui ont démontré qu'on pouvait être issu de milieux populaires et exercer avec qualité des mandats électifs, des exemples en quelques sorte ; des gens, aussi, qui ont apporté dans l'exercice de leurs fonctions un regard radicalement différent de celui qui n'a connu que l'ENA et le pouvoir, par leur expérience infiniment différente de la société. A nous de reprende le flambeau, de l'adapter à une société qui a évolué, de l'élargir à toutes les catégories maintenues dans une infériorité politique. A nous de lui donner une dimension encore plus ambitieuse. Il me semble tenir là  un des éléments d'une perspective révolutionnaire de renversement et d'équilibrage de l'ordre politique. Nous critiquons la reproduction des élites, luttons contre elle !

 

 

13 octobre 2008

Charles Fourier (1772-1837) et ses disciples

Fourier12.jpgSa condamnation de la société industrielle et de ses dérèglements ainsi que son invention d’une société idéale d’Harmonie font de lui un socialiste utopiste. Il se démarque des autres par son imagination féconde et sa critique du moralisme traditionnel. Les lectures de son œuvre sont souvent réductrices, contradictoires, ses disciples gommant les aspects fantaisistes ou licencieux de sa pensée. Charles Gide en fait le penseur du mouvement coopératif, André Breton est séduit par ses spéculations cosmologiques et il apparaît avec la publication du Nouveau Monde amoureux à la veille de 1968 comme un précurseur de Freud.

Fourier considère que l’absence d’études supérieures l’a protégé des faux savoirs en lui permettant « doute et écart absolus » à l’égard des préjugés et théories traditionnelles. Il revendique ainsi un statut d’ « inventeur », ce qui lui autorise le désordre et le foisonnement de ses ouvrages ainsi que l’utilisation de nombreux néologismes.

 

Critique satirique de la Civilisation

Fourier souhaite échapper à une société qu’il nomme par dérision « civilisation ». Il estime qu’elle rompt et désagrège le « flux » productif qu’il faut restaurer en reconsidérant la totalité du fonctionnement social. Il pointe les incohérences de cette société que la pauvreté révèle. L’incohérence industrielle, la fraude commerciale, le morcellement économique, la libre concurrence et les intermédiaires favorisent accaparement, agiotage et banqueroute. Le morcellement de l’économie est un frein à la production en isolant les producteurs et la spécialisation du travail entraîne monotonie et maladies. Il fustige l’industrialisme, « manie de produire confusément, sans aucune méthode de rétribution proportionnelle ». Il y oppose une réflexion qui unit étude du système économique (unité de production) et étude de la famille (unité de reproduction). Il voit dans le mariage une institution qui répond à des fins sociales : le pauvre est poussé à se marier et se reproduire, ce qui l’oblige à travailler pour nourrir sa famille. Cette vie sociale est également un lieu où les passions sont réprimées. Fourier y substitue une éthique du désir et de l’assouvissement des passions qui doit contribuer à l’Harmonie sociale en permettant à chacun de satisfaire ses penchants. Mais ce n’est pas un refus du religieux, au contraire : c’est le moralisme qui est un acte d’hostilité contre Dieu.

 

Le réformateur social et son utopie

Fourier décrit son Harmonie de manière exhaustive. Très tôt (1797-1799) il est convaincu que ce sont des communautés de producteurs et de consommateurs, qu’il nomme phalanstère, qui pourront assurer la subsistance de tous. Il insiste sur les économies que permet une collectivisation des moyens de productions, « bénéfice négatif » auquel s’ajoute un « bénéfice actif » grâce à une exploitation intensive par un travail attrayant. Chacun se passionnerait pour un travail qu’il a choisi, garanti par la proclamation du droit au travail, seul vrai droit naturel.

C’est en 1799 qu’il découvre que l’association doit répartir les individus en fonction de leurs penchants. C’est la loi de l’ « attraction passionnée », Newton appliqué à la société. Fourier distingue alors douze passions auxquelles il en ajoute une « pivotale ». Les cinq sens, quatre passions affectives (amitié, amour, ambition et familisme) et quatre distributives (cabaliste, composite, papillonne et unitéiste). C’est en les combinant que Fourier obtient des séries, bases structurelles de la phalange. Chacun contribue à l’harmonie de l’ensemble et il est rétribué en proportion de son apport en recevant une part des dividendes du produit total de la phalange. Il n’y a donc pas d’égalité car les inégalités sont « le ressort essentiel » des séries passionnées. Fourier refuse ainsi de sacrifier l’individu à la communauté. L’Harmonie est une fédération de phalanstères comprenant tous le même nombre réduit d’individus.

Il n’analyse pas le passage à l’Harmonie en termes de lutte des classes, mais il est le premier socialiste à analyser les conflits entre générations et sexes, reconnaissant avant quiconque le rôle moteur de l’émancipation féminine. Il met ainsi sur le même plan les désirs masculins et féminins. Il estime également que le père ne doit pas être l’instituteur de l’enfant qui suivra un apprentissage collectif. Ce dernier n’est ni un adulte en miniature ni un paresseux, mais bien un être dont les capacités sont évolutives et freinées par les parents. Fourier compte d’ailleurs que ses spécificités soient utilisées : son attrait pour la saleté lui permettra de faire des travaux qui rebutent les adultes.

 

Le fouriérisme

Fourier est hostile à la Révolution, rejette la violence et conçoit la politique comme déconnectée de la réalité sociale. Il compte sur l’action des idées et les vertus de l’exemple (providentialisme). Il décrit soigneusement son Harmonie en espérant convaincre un mécène de financer un phalanstère d’essai. Ses disciples des années 1830-1840 ne partagent pas sa vision de la nature humaine, substituant abnégation et amour de l’humanité aux passions et désirs individuels. Ils produisent ainsi une image plus conforme à la morale du temps, ce qui permet de toucher un plus large public. Le fouriérisme a ainsi un certain écho en 1848, balayé par les journées de juin. Il y a quelques expériences pratiques (Etats-Unis, Russie), mais le fouriérisme pratiqué survit peu de temps, par manque de ressources. On voit toutefois ressurgir des idées de Fourier sur les murs de mai 1968.

 

(Comme l'article précédent sur Saint-Simon, il s'agit d'un extrait de mon Histoire des idées socialistes, compte-rendu de l'ouvrage de Noëlline Castagnez-Ruggiu)

 

09 octobre 2008

Saint-Simon

Les plus assidus s'en souviendront peut-être. Après un long exposé sur la pensée politique de Friedrich Engels, j'avais commencé l'an dernier une série d'articles courts sur des grands noms de la philosophie politique du XIXe. Benjamin Constant et Robert Owen furent les premiers.

Les leçons d'histoire reprennent : voici la suite, avec Saint-Simon.



Saint-Simon (1760-1825) et l’école saint-simonienne

 

st-simon.jpgLa science sociale pour construire un nouveau système

Saint-Simon accorde une place prépondérante à la science. Le « pouvoir spirituel » doit lui revenir. Elle a pour rôle d’analyser les institutions sociales et d’en repérer le devenir. A partir de 1816, il sort du champ théorique et analyse la société contemporaine, concluant que celle-ci repose sur l’industrie et que le développement industriel entraîne de nouvelles exigences sociales. Face à ce constat, il ne propose pas de système politique figé : il est dans la nature de l’humanité de « perfectionner indéfiniment son régime politique ».

Il prône un système industriel dans lequel les producteurs (artisans, agriculteurs, manufacturiers, mais aussi propriétaire des moyens de productions travaillant à les faire fructifier) sont au sommet de la hiérarchie sociale. Il les oppose aux oisifs : nobles, ecclésiastiques, juristes. Il considère la production comme un but interne et commun dans lequel tous peuvent être associés. Il existe donc une classe industrielle qui portera les changements sociaux dès lors qu’elle prendra conscience d’elle-même. La science sociale doit participer à cette prise de conscience.

 

Socialisme technocratique ou socialisme démocratique

Dans sa Parabole des abeilles et des frelons Saint-Simon affirme que le Tiers-Etat est supérieur à la noblesse et au clergé : c’est lui qui détient les capacités scientifiques, artistiques, industrielles et artisanales. Il oppose également la religion, rétrograde, facteur de passivité, à la science qui entraîne la créativité. Ainsi, l’élite politique issue de l’Ancien Régime, oisive, doit être remplacée par l’élite industrielle. Cette nouveauté ne devrait pas induire de nouveaux rapports de subordination car la production nécessite l’association de tous. Il amorce une théorie de l’éviction du pouvoir politique qui doit se dissoudre dans « l’administration des choses ». Cette gestion doit se faire au moyen d’une Chambre des communes réunissant les chefs d’industrie. Il donne ainsi une fonction sociale aux entrepreneurs, valorisés pour leurs compétences. Saint-Simon est promoteur d’un socialisme technocratique en 1824. Il prévoit l’apparition d’une société constituées de « pyramides entre les groupes » et semble ainsi envisager une collaboration de classe.

Dans le Nouveau Christianisme, il évolue, faisant du sentiment religieux qui doit imprégner les « idées communes » un moyen d’éviter que les producteurs ne reconstituent un pouvoir autoritaire à leur profit. Il fait appel à la fraternité et infléchit son socialisme vers l’égalité, écrivant que « la religion doit diriger la société vers le grand but de l’amélioration la plus rapide du sort de la classe la plus pauvre ». Ce recours au religieux pour dominer la sphère des intérêts industriels montre la limite de son système. Mais il affirme aussi que c’est à la société, autorité morale, de réguler un ordre économique mouvant. Ainsi, ce n’est pas un modèle achevé de société industrielle que prône Saint-Simon mais bien un « mouvement de création permanent ».

 

Pour une organisation fédérale de l’Europe

Saint-Simon a beaucoup voyagé, notamment en Europe. En 1802, dans sa Lettre d’un habitant de Genève…, il projette une « assemblée de savants appelée Conseil de Newton » dont le rôle serait de préserver la paix. Il précise son projet en 1814 : il souhaite une union franco-britannique à laquelle se joindrait ensuite l’Allemagne pour constituer un Parlement commun. En 1821, il complète ce projet en appelant au regroupement des industriels européens. C’est ce dernier aspect qui sera le plus invoqué par ses héritiers.

 

La pérennité du saint-simonisme

Saint-Simon exerce une influence importante et dès sa mort plusieurs interprétations de son œuvre se développent. Ses héritiers créent une revue, Le Producteur, puis un journal, Le Globe. Ses thèses se diffusent en France, en Europe et en Amérique du Sud. Les membres de cette école saint-simonienne évoluent de la même manière que Saint-Simon : libéralisme athée, positivisme, industrialisme, nouveau christianisme. Ces mutations entraînent la création de différents courants qui polémiquent entre eux. Buchez et Comte s’éloignent des autres en réaffirmant leur foi dans le progrès face à l’évolution religieuse du groupe. En effet, s’appuyant sur le Nouveau Christianisme, Enfantin et Bazard ont donné naissance à une Eglise en 1829. Deux ans plus tard, Bazard rompt avec Enfantin. Il désapprouve son féminisme qui réclame l’égalité sociale autant pour la femme que pour l’ouvrier. Avec Enfantin, les saint-simoniens mènent une vie communautaire excentrique. Face aux désertions et à l’hostilité des pouvoirs publics, il part l’étranger, parcourt l’Europe. Il s’installe en Egypte à partir de 1833. Avec une vingtaine de disciple il souhaite participer au développement du pays en participant à des projets colossaux (barrage sur le Nil, canal de Suez). En pratique, ceux qui se lancent dans des entreprises collectives sont conduits à la ruine et au retour en France dès 1836.

Sur le continent européen, le saint-simonisme a une audience plus déterminante, chez des hommes d’Etat, des économistes, des philosophes. Saint-Simon est considéré par les socialistes comme le théoricien de la primauté de l’économique sur le politique. Il place en effet la production au centre de la vie sociale et donnait à la vie économique un pouvoir déterminant essentiel. En France, des grands entrepreneurs du Second Empire se réclament du saint-simonisme. Les frères Pereire créent la Compagnie de chemin de fer du Nord, Chevalier est l’artisan du traité de commerce franco-britannique. Depuis 1982, la Fondation Saint-Simon regroupe des intellectuels français (Furet, Rosanvallon). Ainsi, cette pensée a sans doute eu plus d’influence sur les intellectuels européens que sur les milieux ouvriers.

 

 

(extrait d'Histoire des idées socialistes)

25 septembre 2008

Les motions

288.jpgVous n'avez rien à faire ? Vous rêvez de lire la prose des grands manitous socialistes ?

Alors voici pour vous lecteurs, et rien que pour vous.... les six motions en lice pour le Congrès de Reims !

 

A votre gauche, Un Monde d'Avance, la motion soutenue par Benoit Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Pierre Larrouturou.

Derrière, toujours à gauche, mais plus petit, Socialistes, Altermondialiste, Ecologistes, la motion des socialistes utopistes. Y en a encore !

Au centre, qui s'étale de Lolo à Camba, Changer a Gauche pour Changer la France, la motion de Martine.

Qui s'étale aussi, mais plus discretement, Pour un parti résolument écologique, la motion du Pôle écologique.

Et enfin, les deux qui se marchent dessus, Pour une révolution démocratique, où le terne Collomb camoufle Ségolène et Clarté, courage, créativité, avec Bertrand en guest star et Mosco au coin !

 

A vos lunettes !

24 mai 2008

Encore une interview de Benoît Hamon

380180127.jpgComme je l'ai déjà expliqué ici, j'entend débattre d'idées plutôt que de personnes dans la discussion au sein du PS. Je ne veux donc être le fervent supporter ni de l'un, ni de l'autre de nos plus-ou-moins-futurs-candidats.

Mais quand j'écoute cette interview de Benoît Hamon, dont je parlais déjà ici il y a quelques mois... je ne peux pas m'emêcher d'aquiescer, d'être séduit. Sauf son histoire de fond souverain où j'ai pas tout compris.

 

 

 

 

 

11 mai 2008

Pourquoi j'ai adhéré au PS

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Cette fois, je parle de moi. Et de mon très récent engagement au sein du Parti Socialiste. Cela surprendra certains qui me connaissent. Car oui, je suis un putain de gauchiste. J'ai voté Besancenot l'an dernier, en hésitant avec Bové. J'ai bloqué ma fac deux fois en trois ans. Je suis abonné à Politis et au Monde Diplomatique. Et je n'ai jamais hésité à taper sur le PS, que ce soit vis-à-vis des nombreuses ambigüités de la campagne de Ségo ou sur la position de faux-cul du PS lors de la modif de la constitution de février dernier, préalable au traité de Lisbonne.

Alors quoi ? Ca y est à 21 ans j’ai appris à retourner ma veste ? Pas vraiment. D’où m’est venue la décision d’adhérer au Parti Socialiste ? Au départ, il y a une envie de réflexion politique, qui me pousse rapidement à vouloir m’engager plus en avant. Mon premier engagement (hors les combats sectoriels universitaires) est celui de la campagne municipale. La démarche comme le projet de la liste d’union de la gauche sur Hérouville, menée par le socialiste Emmanuel Renard, m’avaient séduits. Sur le terrain comme sur ce blog j’ai apporté ma modeste contribution. Premier contact concret et personnel avec le Parti Socialiste. Première défaite aussi. Car la droite conserve la mairie. Déception, à la fois par la réélection de Rodolphe Thomas et par la défaite d’un projet municipal qui me semblait tout simplement bon.  Cette défaite me donne envie de participer à construire une alternative localement. Ce qui rejoint mon envie plus générale d’un engagement durable.

Deux pistes me semblent possibles : le PS ou plus à gauche. Plus à gauche ? Le PCF… hmmm ! LO… pareil. Reste la LCR, ou plutôt le futur-nouveau parti anticapitaliste. Autant dire tout de suite que je ne suis pas convaincu du tout par la démarche d’Olivier Besancenot et de la direction de la LCR. Construire un grand parti de gauche alternatif au PS, ok. Surtout si ce dernier continue à dériver vers le Modem. En s’adressant directement à la base, pourquoi pas. Mais sans parler en même temps au PCF et à LO, sans chercher à travailler avec les forces éparses des « collectifs antilibéraux »… ? Tout ça me semble de mauvais augure. S’il ne s’agit que d’agrandir la LCR, très peu pour moi. D’autant plus que je crains que tout cela ne finisse tout simplement en un « parti d’Olivier » (personnalisation qui se confirme avec son passage chez Drucker aujourd’hui même…). Bref, je ne crois pas qu’on ait là une initiative crédible pour construire une alternative à l’UMP.

Du coup, il n’y a aujourd’hui qu’un parti qui puisse espérer faire bouger les choses, le Parti Socialiste. Je ne suis bien sûr pas enthousiaste devant ce qu’est le PS. Je regrette comme beaucoup la lutte d’égo qu’il offre en spectacle à des journalistes qui n’attendent que ça. J’ai d’ailleurs déjà expliqué quel était mon souhait pour le PS, celui d’un Parti qui soit avant tout un lieu de réflexion en même temps qu’un outil massif de popularisation (bon ok, de propagande…). Je me fais sûrement quelques illusions sur ce que peut encore devenir ce parti. Certes. Mais c’était ça ou rien. Et finalement deux choses ont présidé à ma décision : d’abord cette campagne municipale qui m’a convaincue que je devais m’engager localement et que le meilleur cadre à Hérouville y était le PS ; ensuite, la perspective du Congrès de novembre qui devra être un moment fondamental pour relancer enfin une dynamique à gauche.

J’ai donc payé mes 20 euros de primo-adhérent. C’est fait. Pourtant je ne me sens pas complètement lié. Je participe bien sûr activement à la vie de ma section dont je dois un de ces jours refaire le site web (et oui, il y a du boulot...). Mais si le Congrès me déçoit, je me sentirais tout à fait libre de ne pas renouveler mon adhésion. Si je me suis trompé sur le pari de Besancenot, je reverrais aussi peut-être ma position. Et si les candidats ou programmes socialistes aux prochaines échéances (je pense notamment aux européennes ou il pourrait bien y avoir quelques divergences…)me déçoivent, rien ne m’engage à voter pour le PS, sans nécessairement rendre ma carte... En attendant, contrairement à certains qui me reprocheront d’être allé dans un parti « de droite » (…), je ne resterai pas les bras croisés.

29 mars 2008

Rénover : dans quelle direction ?

221151393.jpgDepuis maintenant quelques mois, l’affaire est entendue : il faut rénover le Parti Socialiste. Tout le monde s’accorde sur ce point. Il faut rénover le Parti Socialiste. Bien. Mais le point essentiel n’est pas en réalité de savoir si le Parti doit se rénover ou non, ce qui compte c’est de savoir quel doit être le contenu de cette rénovation. A en croire bon nombre d’éditorialistes, le Parti doit se moderniser. Ce qui en général signifie changer d’alliance et/ou de leader. Abandonner un PCF jugé « archaïque » et préférer le MoDem. Sans qu’on sache bien d’ailleurs ce qu’est aujourd’hui le MoDem. Pour beaucoup, il s’agirait aussi essentiellement d’un problème de leadership. C’est en tout cas ce qui ressort à la lecture de la plupart des journaux : on n’y lit aucune analyse de fond, seulement des estimations sur les éventuels-peut-être-pourquoi-pas-un-jour-futurs-candidats au poste de premier secrétaire à l’automne et à l’Elysée en 2012.

Je crois qu’on se trompe dans la définition du problème. Car savoir qui sera le meilleur candidat pour 2012 n’est pas d’une grande utilité dans une optique de long terme. En se focalisant sur les questions de personnes, on risque de ne penser qu’en termes d’image et non de fond. C’est une vision néfaste de la politique et de la démocratie. C’est croire que l’électeur est abruti et ne choisit que sur des questions superficielles, ce qui n’est pas complètement faux, mais c’est surtout croire qu’il ne peut en être autrement. Sarkozy n’a pas convaincu que la politique qu’il comptait mettre en place serait bonne. Il a raconté une histoire, fait croire et rêver l’électeur. C’est pourquoi aujourd’hui il déçoit. Etre réellement socialiste ne saurait être compatible avec une telle conception de la politique. Car c’est aussi être antidémocrate que de raisonner ainsi : il s’agirait de convaincre par des techniques de marketing de porter telle ou telle personne au pouvoir, en sachant très bien que ce n’est pas pour une politique que l’électeur se prononce… Bref, on ne doit pas concevoir la politique qu’en termes de pouvoir. L’essentiel n’est pas que ce soit le candidat du PS qui soit élu en 2012 à l’Elysée. Non. L’essentiel c’est la politique qu’un tel président mettra en place et c’est que l’électeur ait choisi cette politique en connaissance de cause parce qu’on l’aura convaincu. C’est la seule solution pour pouvoir mettre en place une réelle politique socialiste, car c’est en convaincant vraiment, sur les solutions politiques, que le pouvoir restera suffisamment longtemps aux socialistes afin qu’ils puissent apporter des solutions innovantes, sociales, humaines aux défis du siècle. Si le débat ne porte que sur « quel candidat sera le mieux placé pour vaincre Sarkozy en 2012 », une chose est certaine, c’est qu’en quelques mois, les Français seront déçu d’un choix qu’il n’auront fait qu’à moitié. Comme en 1981, comme en 1995, comme en 2002, comme en 2007… Non, l’effort du Parti Socialiste doit avant tout se porter dans deux directions. D’abord une rénovation idéologique. Ensuite une popularisation des thèmes et des solutions socialistes.

La réflexion idéologique d’abord. Il faut commencer par se retrouver autour des valeurs qui seront le fondement d’une doctrine socialiste. Pour moi, ces valeurs s’articulent autour d’une recherche de l’émancipation et la libération de la personne humaine. Dans une vision de l’homme qui considère l’égalité des individus, quels que soient leur sexe, leur âge, leur origine, leur nationalité, leur parcours, leur religion, tout en la conjuguant avec l’unicité des ces mêmes individus. Enfin, un corps de valeur qui voit le genre humain non comme une somme d’individus mais comme un corps social qui se doit d’être solidaire. En résumé : émancipation humaine, égalité, solidarité… et ce à tous les niveaux : local, national, européen international. A ces valeurs traditionnelles de la gauche socialiste, il faut aujourd’hui ajouter l’exigence écologique : le pragmatisme nous obligerait déjà à ne pas détruire plus notre unique milieu vital, mais les valeurs déjà citées nous dictent de ne pas forcer nos descendant à vivre dans une porcherie infernale. Il faudra ensuite concevoir des solutions politiques concrètes et réalistes, globales et ambitieuses, qui permettent d’imaginer puis de réaliser une évolution de la société afin de répondre au mieux aux exigences de ces valeurs fondamentales. Je ne connais pas ces solutions bien sûr (même si j’ai quelques idées, je les développerai dans un autre texte, ici ce n’est pas le sujet). C’est justement là que doit intervenir le Parti. Parce que se mettre grosso modo d’accord sur les valeurs que nous voulons défendre n’est pas bien compliqué (encore que…). L’étape difficile c’est de traduire cette volonté en force de proposition. Et justement, le PS compte en son sein de nombreux intellectuels compétents. Et encore bien d’autres sont des « compagnons de routes ». Economistes, sociologues philosophes, politologues, historiens, urbanistes, géographes… et sûrement des biologistes (écologues de préférence). Pourquoi ne pas mettre à profit ce vivier d’intellectuels, qui ne demande sûrement pas mieux, pour imaginer  ces solutions ? Pas pour tirer un trait sur tout ce que les socialistes ont pu penser depuis un siècle. Non, pour adapter, innover à partir de ces différentes idées et construire un projet cohérent et réellement socialiste qui réponde à la situation qui est celle de la France, mais aussi de l’Europe et du monde, aujourd’hui. Des solutions qui devront dans le même temps se confronter aux débats avec les militants et à un aller-retour de discussions avec la population. Discussions organisées dans le cadre d’un travail de terrain qui doit former selon moi le deuxième axe de l’action future de Parti Socialiste.

Le deuxième axe de ce qui devrait être l’action du Parti Socialiste est donc le travail de popularisation des valeurs, des thèmes et in fine des solutions des socialistes. Travail qui devrait être bien plus ambitieux, bien plus profond qu’une simple campagne électorale, essentiellement télévisée. Car comme je le disais plus haut, pour espérer avoir les moyens de mettre en place une politique socialiste, il faut vraiment convaincre la population. C’est donc sur le terrain idéologique que la propagande (acceptons le mot dans sa définition non totalitaire : travail de communication en vue de convaincre sur un terrain politique) doit jouer. On sait tous que la télévision, et la plupart de médias de manière générale, se prêtent mal à de longs débats ou argumentaires. Je pense que pour convaincre il faut réellement aller vers les gens. C’est d’un travail de terrain que pourra émerger une France socialiste. Comment faire ? Là encore, je n’ai pas de réponse toute faite. Le PS est lié à un grand nombre d’associations de terrain, il y a sûrement quelque chose à faire de ce réseau. Ensuite, il faut utiliser au mieux le réseau des militants. Pour organiser des diffusions de tracts, des journaux locaux (qui traitent à la fois des enjeux locaux et nationaux)… Et surtout organiser des réunions, dans les entreprises, dans les quartiers pour (re)créer un lien avec les couches populaires (ah, que je n’aime pas cette expression !) et le Parti. Ce qui nécessite de revaloriser la place des militants dans le Parti. Bref, il faut faire du PS un parti de militants et non de notables. Et peut-être un jour un parti de masse. C’est par un tel travail de longue haleine, en ressassant parfois certains thèmes, en convaincant pied par pied qu’on construira quelque chose de durable. Renforcer le lien entre le Parti et le peuple passe aussi par une meilleure écoute qui fasse remonter les revendications populaires jusqu’aux débats idéologiques, une écoute qui soit aussi une forme de conseil aux personnes en situation difficile (comme parfois les syndicats au sein de entreprises) et donc une écoute créatrice de confiance

Finalement, c’est l’hégémonie idéologique que nous devons chercher car l’hégémonie idéologique ne pourra amener  à long terme que la victoire politique, et si le travail préparatoire idéologique a été bien mené, celle-ci amènera à son tour la victoire sociale.

 

 

(Ce texte a été concocté à l'intention du tout jeune blog coopératif Congrès Socialiste par les militant(e)s. C'est pourquoi je répète en développant ce que je disais déjà dans ma note Rénover ?. Je le publie ici car il développe et clarifie ce premier jet et pour qu'il figure sur le portail Cozop)

 

 

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