04.03.2008

Ca chauffe aux frontières colombienne

Il parait que ça chauffe aux frontières colombiennes. Qu'est ce qui se passe alors ?

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Tout a commencé par l'assassinat du commandant Raul Reyes, porte-parole et "ministre des affaires étrangères" des FARC. Pour commencer, qui est ce Reyes ? Maurice Lemoine, redac' chef du Diplo l'explique sur le blog du mensuel. "Raúl Reyes appartenait au secrétariat des FARC, l’instance dirigeante", il était en contact "avec les journalistes et les émissaires négociant la libération des « prisonniers politiques » et des otages de la guérilla" et donc à ce titre, "le plus exposé". Bref, c'était le négociateur des FARC, celui qui était en discussion, notamment avec Sarkozy, sur la dossier Betancourt. Lemoine résume l'objectif de ce meurtre :
"Plus qu’une victoire militaire — Reyes était un cadre politique —, il s’agit là d’un coup très dur porté aux tentatives menées pour résoudre la question de l’échange humanitaire — prisonniers des FARC contre guérilleros — demandé depuis des années par les FARC, les familles des otages, dont celle de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, et de nombreux représentants de la communauté internationale (parmi lesquels le président français Nicolas Sarkozy). Là était l’objectif de cette action."
Et cela intervient à un moment où la négociation entre Chavez et les FARC ont démontré qu'il était possible d'obtenir une avancée vers des libérations d'otages. Ce qu'Uribe a toujours tenté de faire apparaître comme impossible. Cet événement est de mauvais augure pour la suite des libérations d'otages. Deuxième souci avec l'assassinat de Reyes, c'est qu'il n'a pas eu lieu en Colombie, mais en Equateur. Une "bombe intelligente" suivie d'un commando héliporté. Du coup, crise diplomatique : Rafael Correa, le président équatorien trouve que quand même, là, y a du viol de souveraineté dans l'air. Sans compter que de l'autre côté de la Colombie, on est chez son pote Chavez. Dont on peut difficilement nier la grande gueule et vanter la délicatesse. L'Equateur et le Venezuela ont rompu les relations diplomatiques avec la Colombie, ont fermé leurs frontières... et déménagé des troupes vers la frontière. Chavez justifie ainsi cette action : cet assassinat serait un "acte de guerre et d'irrespect violant la souveraineté de l'Equateur". Et il ajoute, s'adressant à Uribe, "réfléchissez et bien, ne vous avisez pas à faire de même sur ces terres, car ce serait un casus belli, un cas de guerre". Pour l'instant, Uribe, ne déploie pas l'armée. C'est déjà ça. Mais verbalement, il y va fort : il accuse Chavez de "parrainage et financement de génocide" et prétend avoir des preuves qu'il a vendu 50 kg d'uranium aux marxistes à machettes. Deux remarques : j'aimerais qu'on arrête de parler de génocide dans tous les sens, c'est pas n'importe quoi un génocide. Et surtout, n'oublions pas les preuves américaines de l'existence des ADM irakiennes... Ca chauffe donc. A suivre.